La Coordination rurale ne compte pas laisser les propos du directeur général de Savencia sans réponse. « Le lait français est le plus cher au monde, cela plombe de moitié notre rentabilité en France par rapport au reste du monde », déclarait Jean-Paul Torris dans le Figaro, le 19 mars. Le syndicat agricole appelle Jean-Paul Torris à « davantage de raison et d’objectivité » dans un communiqué diffusé le 22 mars 2017.

398 €/t aux États-Unis

La Coordination répond à Savencia par les données de l’Observatoire européen du prix du lait, montrant que le lait français n’est pas si élevé : 398 €/tonne aux États-Unis, 334 € en Nouvelle-Zélande, 337 € en Europe contre 342 € en France. Il est à noter tout de même que les prix sont ceux de janvier 2017 et assez difficilement comparables en l’état (classe III et TB = 42 aux États-Unis, 42-33,5 en Nouvelle-Zélande, et aux taux réels pour l’Europe).

Le syndicat rappelle « les bons résultats publiés par Savencia en 2016 (+83 % en un an), passant de 57 millions d’euros à plus de 104 millions d’euros ». « Pour M. Torris, la rentabilité n’est probablement jamais suffisante mais les chiffres montrent que les entreprises comme Savencia pourraient participer bien davantage à une juste rémunération des producteurs. »

« Il n’est pas question pour les éleveurs, et notamment les nouveaux installés, de continuer à être rémunérés sous les coûts de production, fustige Véronique Le Floc’h, responsable de l’organisation des producteurs de lait (OPL) de la Coordination rurale. Nous aspirons légitimement à une rémunération digne d’un vrai chef d’entreprise et non pas à renoncer à nous sacrifier au nom de profits toujours plus mirobolants pour M. Torris et consorts ! »

« Un prix qui couvre au minimum le coût de production »

Faisant état des coûts de production « largement supérieurs aux 400 euros [/1 000 l]», la Coordination rurale relève l’initiative de l’organisation irlandaise Farmers for Action, qui a « déposé un projet de loi stipulant que les agriculteurs devaient recevoir pour leurs produits, un prix qui couvre au minimum leur coût de la production ainsi qu’une marge qui leur serve de filet de sécurité. » L’OPL « appelle la France à légiférer dans ce même sens » pour en finir avec une situation indigne « d’une démocratie et du respect élémentaire dû aux personnes qui nourrissent les autres ».

M.B.