La signature d’un manifeste contre le loup, le 28 février 2017 au salon de l’agriculture, chiffonne France Nature Environnement, Humanité et Biodiversité et l’association Ferus. Dans un communiqué publié le 2 mars 2017, ils déplorent « que le loup continue à faire ainsi l’objet d’effets d’annonce » et estiment « qu’accuser cette espèce de tous les maux n’apportera aucune solution aux problèmes structurels de l’élevage ovin, et alimentera au contraire les tensions. »

Premier point sur lequel les associations ne sont pas d’accord porte sur la réintroduction du loup. « Après avoir été chassé par l’homme, c’est naturellement et sans intervention humaine que le loup est revenu en France à partir de la population préservée d’Italie, affirment-elles, martelant que c’est par un « processus naturel lié à sa biologie que le loup est revenu en France, et c’est bien son éradication passée qui a amené l’ensemble des États européens à protéger cette espèce menacée d’extinction. »

Le communiqué assure également que la population de loups, « est loin d’être sur la voie d’une invasion de notre pays », précisant qu’il y aurait 300 individus, selon l’Office national de la chasse et de la faune sauvage.

Charge contre la filière ovine

Les associations s’attaquent à la filière ovine, estimant d’abord que si les effectifs baissent, c’est à cause des difficultés du marché. « Pense-t-on réellement que la filière ovine serait sauvée du fait de l’absence du loup ? », interrogent-elles. L’autre menace pour le pastoralisme serait la politique agricole nationale et européenne.

« Nous dénonçons régulièrement la mauvaise gestion du dossier « loup » par l’État, qui ne montre aucune réelle volonté d’instaurer une politique à long terme favorable à une coexistence apaisée et pérenne avec cette espèce protégée, regrettent les associations. Nous nous inscrivons depuis toujours dans une démarche de dialogue avec les éleveurs et militons pour que l’État apporte une aide concrète et adaptée aux réalités des territoires. »

Les associations demandent que les aides de l’État et des collectivités ciblent l’amélioration des moyens de protection, « afin qu’ils soient mieux adaptés aux différents modes de conduite des élevages et enrichis des nouvelles connaissances sur le comportement des loups en système pastoral. »