L’abattage d’une louve en décembre 2015 à Lus-la-Croix-Haute, dans la Drôme, a été jugé illégal par le tribunal administratif de Grenoble. C’est ce qu’a indiqué une association de protection des animaux, jeudi 13 juillet. « Ce tir de prélèvement n’était pas justifié, cette louve a été illégalement abattue », déplore l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) dans un communiqué.

Dans son jugement, le tribunal administratif estime que la préfecture de la Drôme, en autorisant un tir de prélèvement renforcé sur les communes de Lus-la-Croix-Haute, Glandage et Treschenu-Creyers, a enfreint un arrêté ministériel. Les tirs de prélèvement peuvent être autorisés seulement en cas de « dommages importants et récurrents d’une année sur l’autre dans les élevages ayant mis en œuvre les tirs de défense (d’effarouchement) », rappelle le jugement.

Défaut d’autorisation

Aucun des six troupeaux habilités à pratiquer des tirs n’a tenu de registre, pourtant obligatoire, et l’un d’eux n’était pas « titulaire d’une autorisation lui permettant de pratiquer » des tirs de défense, souligne le tribunal. « Le juge administratif rappelle ainsi que des battues aux loups ne peuvent pas être autorisées si tout n’a pas été mis en œuvre pour protéger les troupeaux exposés à un risque de prédation », commente l’Aspas. En conséquence, l’État devra verser à l’Aspas ainsi qu’à l’association One Voice 1 200 euros au total.

Le 19 juin, le quota pour la saison se terminant au 30 juin a été relevé par arrêté ministériel à 40 loups, contre 38 jusqu’alors. Ces tirs sont autorisés par dérogation, le loup étant une espèce protégée en Europe. Le quota pour la saison 2017-2018 n’a pas encore été fixé.

Depuis un an, plus de 8 000 bêtes – des ovins essentiellement – ont été tuées dans des attaques de troupeaux attribuées au loup dans les Alpes-Maritimes, la Savoie, les Alpes-de-Haute-Provence, le Var, les Hautes-Alpes et l’Isère. Sa population en France, en augmentation, atteint désormais quelque 360 individus.

AFP