« Depuis 25 ans l’État nous ment au sujet du loup, s’insurge Joseph Jouffrey, président de la Coordination rurale des Hautes-Alpes, en charge du dossier loup. Au début de l’hiver, il nous annonçait 500 loups, alors que le seuil des 1 000 est vraisemblablement atteint. Il y en a partout. »

Le syndicat a décidé de boycotter les cinq prochaines réunions auxquelles il a été convié d’ici au mois de mars. « L’État reste sourd à nos revendications, se désole Joseph Jouffrey. Nous avons toujours été opposés au plan loup 2018-2023, qui vise uniquement à laisser croître la population de loups sous la pression des groupes environnementalistes. »

Un carnage la veille de Noël

Le syndicat est encore sous le choc d’une attaque qui a eu lieu le 24 décembre à L’Épine, dans les Hautes-Alpes. « Le prédateur a attaqué une troupe de 180 brebis gestantes. 16 sont mortes, une vingtaine est blessée, décompte le militant. La famille concernée a passé un Noël épouvantable. Les pertes seront encore bien plus importantes au moment des agnelages. » L’un des enfants de la famille projetait d’intégrer une école d’agriculture l’année prochaine, mais le projet est fortement remis en cause. « Comment peut-on faire des projets dans ces conditions ? » interroge Joseph Jouffrey.

Depuis longtemps, la prédation ne concerne pas seulement les alpages. « C’est un problème des zones intermédiaires aussi. L’agriculture n’est pas la seule touchée. Le tourisme lui aussi en pâtit », assure Joseph Jouffrey.

M.-F.M.