Les propositions du gouvernement « sont un véritable mépris pour les éleveurs, indiquent les syndicats dans un communiqué commun. Comment les jeunes peuvent-ils envisager de s’installer en pratiquant l’élevage à l’herbe en plein air dans ces conditions ? », questionnent-ils. « Réécrivez votre copie. Mettez les éleveurs et l’élevage à l’herbe au cœur de votre futur plan. C’est notre dernier avertissement. »

« Une énième provocation »

Les propositions qui ont « mis le feu aux poudres » sont une « énième provocation envers les éleveurs et un mépris de leur métier, s’enflamment les militants. Elles consistent à :

  • conditionner l’indemnisation des dommages dus au loup à la mise en œuvre des mesures de protection ;
  • prioriser les tirs d’effarouchement et de défense simple, restreindre la délivrance des tirs de défense renforcée,
  • interdire les tirs de prélèvement avant la fin de l’été avec une volonté affichée de fortement les réduire, voire de les supprimer… »

Réactiver le Groupe national loup

Les syndicats refusent de discuter dans ces conditions, alors que leurs propositions ont été « balayées d’un revers de la main. » Avant de partir, ils ont souligné leur patience et rappelé les efforts qu’ils ont déployés pour participer aux réunions sur le dossier. Dans une déclaration commune, ils demandent : « la réactivation du Groupe national loup, revu dans sa composition et doté d’un président issu du monde politique, pour garantir des débats équilibrés sur ce dossier. » Ils ont signalé qu’aucune de leurs propositions n’a été reprise dans le futur plan annoncé.

« Nous refusons la gestion adaptative telle qu’elle est envisagée par les deux ministères, qui aboutit à la territorialisation de ce dossier et à une inéquité de traitement entre les éleveurs », s’insurgent-ils. Pour eux, la clé d’entrée pour une gestion différenciée doit rester la pression de la prédation et non le territoire. « Tous les éleveurs prédatés en France souffrent moralement physiquement et économiquement de la présence des loups. »

Non à la suppression des tirs de prélèvement

« Nous sommes opposés à la suppression des tirs de prélèvement et exigeons que tous les éleveurs puissent en bénéficier durant toute la campagne, sans restriction aucune ! » Enfin, les éleveurs « refusent catégoriquement l’arbitrage du préfet coordonnateur pour l’octroi des tirs de prélèvement et pour l’intervention de la brigade d’appui aux éleveurs ». Ils estiment que « cette compétence doit rester aux préfets départementaux, plus aptes à juger la réalité sur les territoires. »

Ils insistent sur leur objectif depuis toujours : « la paix pour les éleveurs et zéro attaque sur leurs troupeaux ! »

M.-F. M.