Les associations de protection de l’environnement l’avaient dénoncé la semaine dernière. Cette fois, c’est officiel. Les ministres de l’Agriculture et de l’Environnement ont apposé leur signature au bas de l’arrêté autorisant la destruction de deux loups supplémentaires, mâles ou femelles, jeunes ou adultes, par les préfets. Ces deux loups viennent en supplément du plafond fixé par l’arrêté du 5 juillet 2016.

Leur destruction ne pourra être autorisée que par la mise en œuvre des tirs de défense et des tirs de défense renforcée décrits aux articles 14 à 21 de l’arrêté du 30 juin 2015 fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus).

Les associations réagissent

L’association Ferus a immédiatement réagi. Entre les tirs de prélèvement et les collisions routières, elle estime à 50 le nombre de « cadavres de loups [que la France a] sur les bras pour cette saison 2016-2017. Sans parler du braconnage : intense mais difficilement mesurable. » Pour l’association, à n’en pas douter, « les tirs trop nombreux menacent la population de loups en France ».

Ferus met en avant une expertise scientifique collective (1) commandée par le ministère de l’Environnement qui vient de paraître. « Pour les chercheurs, les prélèvements légaux « ne devraient pas […], dépasser 10 % de l’effectif estimé pour que la population présente un bilan numérique au moins stable. » Or, avec ces quatre nouveaux loups, nous dépasserons les 14 % de prélèvement… »

2 ou 4 loups ?

Pourquoi Ferus évoque un quota supplémentaire de 4 loups ? Peut-être parce que le ministère de l’Environnement avait mis en consultation deux arrêtés en février dernier pour relever le seuil de prélèvement d’ici au 30 juin 2017. Le second texte, prévoyait le prélèvement de 2 loups supplémentaires, et n’entrerait en vigueur que si le seuil des 38 loups est atteint.

L’association se repose aussi sur cette étude pour mettre en cause de « l’efficacité des tirs pour la protection des troupeaux […] et les auteurs s’interrogent également sur leurs effets contre-productifs. Une fois de plus, l’État français ignore l’avis des scientifiques et des citoyens. L’État français n’a de cesse de se soumettre au lobby de l’agriculture. »

(1) Muséum national d’histoire naturelle et Office national de la chasse et de la faune sauvage.