« La France détient le record du monde des animaux prédatés avec plus de 12 000 victimes », a déclaré Michel Meuret, de l’Inra. Pourtant, les éleveurs ont exploré un nombre phénoménal de moyens de protection. Ce sont eux qui représentent la plus grande partie des 80 000 € par an que coûte chaque loup en France.
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« La France détient le record du monde des animaux prédatés avec plus de 12 000 victimes », a déclaré Michel Meuret, de l’Inra. Pourtant, les éleveurs ont exploré un nombre phénoménal de moyens de protection. Ce sont eux qui représentent la plus grande partie des 80 000 € par an que coûte chaque loup en France.

Ne pas faire « exploser la banque »

Alors comment sortir de cette situation et ne pas risquer de faire « exploser la Banque » alors que le loup continue de coloniser de nouvelles zones ? « Il faut installer des relations de réciprocité entre l’élevage et le loup et cela implique l’usage de moyens létaux, a insisté Michel Meuret. On aurait dû adopter cette posture depuis le début. »

Une fois que le prédateur a réussi son attaque, il revient. Avec une politique de protection stricte, on a « guidé » le comportement des loups qui ne changera qu’avec une politique moins permissive impliquant l’élimination de certaines meutes comme cela se pratique dans certains pays.

Les dangers d’un Brexit dur

L’incertitude qui plane autour du Brexit inquiète la filière ovine. La France est fortement dépendante des importations, notamment en provenance du Royaume-Uni. L’absence d’accord pourrait avoir un impact catastrophique. « On risque de ne plus voir d’agneau dans les linéaires et cela pourrait être fatal pour notre production, a souligné Michèle Boudoin, présidente de la Fédération nationale ovine. Nous avons besoin des produits anglais. »

Or, un Brexit dur verrait le rétablissement des droits de douane et des contrôles sanitaires. « La France a d’ores et déjà prévu de mettre en place ces points de contrôle, a assuré Vincent Hebrail-Muet, le représentant du ministère de l’Agriculture. Même si pour l’instant de nombreuses inconnues demeurent. »

« Nous sommes coincés entre le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande, s’inquiète Michèle Boudoin. Nous ne pouvons pas lutter face aux Néo-zélandais qui sont très organisés et qui ont des coûts de production faibles. » En France, la production ovine est souvent localisée là où d’autres productions ne pourront se mettre en place. Des territoires seront mis à mal. « Il faudra être vigilants pour trouver des solutions pour ne pas perdre de consommateurs. »

M.-F. M.