Dans un communiqué de presse diffusé le 19 octobre 2016, l’Onep rappelle que « le Marché du porc breton (MPB) est passé sous la barre symbolique des 1,40 €/kg ». Et que le mouvement de baisse est commun à toutes les places européennes. La section spécialisée de la CR demande « à tous les acteurs de la filière d’identifier les causes de cette nouvelle baisse, de les comprendre et de trouver des solutions efficaces et pérennes pour les éleveurs ».

Les prix américains au plus bas

Le syndicat pointe du doigt les prix du porc aux États-Unis qui, « depuis la mi-juin, n’ont cessé de dégringoler pour atteindre ces derniers jours 1,04 €/kg », atteignant « leur plus bas niveau depuis 2009 et cela pèse inévitablement sur le commerce international ». « Depuis la réforme du Farm Bill, il est impossible de lutter contre la concurrence américaine », estime Pascal Aubry, le responsable de l’Onep.

Le responsable syndical fait en particulier allusion au système de « couverture des pertes de prix (PLC), c’est-à-dire que les agriculteurs paient une facture d’assurance chaque année et reçoivent son appui durant les périodes où les prix des produits de base tombent. La grande différence avec la Pac est que la politique américaine garantit à ses agriculteurs un revenu minimal en période de cours déprimés ».

L’Onep veut réguler la production

Toute médaille ayant son revers, le syndicat tempère aussi l’intérêt de ces assurances, estimant que « ce système incite les agriculteurs à produire toujours plus, sans se soucier des débouchés. Plus ils produisent, plus ils gagnent ! En s’attaquant aux effets de crise, l’assurance compense une partie de la perte mais sans jamais la résoudre. Telle est la raison pour laquelle l’Onep continue de réclamer une régulation des productions, seule solution durable. »

« Tous ceux qui avaient prévu une bonne fin d’année se trompent, poursuit Pascal Aubry. Le marché russe restera fermé car ce pays profite de l’embargo pour atteindre l’autonomie. La baisse du nombre de truies en Europe sera largement compensée par la hausse de la productivité. Le prix élevé du porc en Chine va les inciter à développer leur production. Nous n’avons pas vocation à être l’oiseau de mauvais augure, mais il serait temps d’ouvrir les yeux sur la réalité du marché ! »