Au total, 645 foyers ont été recensés dans huit départements, notamment du sud-est et du nord-ouest du pays, selon un rapport officiel diffusé ce vendredi 10 août 2018. « Le problème le plus grave est qu’on n’arrive pas à prendre les devants et que nous agissons uniquement après qu’un foyer est détecté », indique Mary-Eugenia Pana, responsable de l’Association des éleveurs de porcs.

Dans les villages touchés par cette épidémie, les habitants contraints de sacrifier leurs porcs ne cachent pas leur colère. « Pourquoi n’ont-ils [les autorités, N.D.L.R.] pas isolé le premier foyer ? Et puis, ils auraient dû prélever des échantillons pour voir quel porc est malade et quel porc ne l’est pas, au lieu de tuer tous nos animaux », s’insurge Lenuta Margineanu dont les 20 porcs ont été abattus.

Avec près de 70 000 porcs abattus à ce jour, le département de Tulcea (est), dans le delta du Danube, est le plus durement touché. Mises en cause pour leur réaction tardive, alors que le premier foyer a été détecté en juillet 2017 dans le nord-ouest du pays, les autorités pointent du doigt des sangliers porteurs du virus qui auraient franchi la frontière ukrainienne.

Du coup, le ministère des Eaux et des Forêts envisage d’autoriser la chasse aux sangliers dans le delta du Danube, une zone protégée et classée au patrimoine mondial de l’Unesco. « La chasse n’est pas une solution, au contraire, car elle risque de disloquer les troupeaux de sangliers infectés, qui entreront en contact avec d’autres troupeaux », prévient la Société ornithologique roumaine.

« Le virus va continuer de se propager si des mesures fermes ne sont pas prises », souligne Adrian Balaban, membre de l’Association des transformateurs de porc, qui craint des pertes « considérables » pour la filière porcine.

AFP