L’Institut de l’élevage constate depuis plusieurs semaines déjà un rebond du cours du beurre. « Le prix de la matière grasse a flambé, jusqu’à 5 700 €/t en France », précise Mélanie Richard, chef de projet au service de l’économie à l’Institut. À l’inverse, le prix de la poudre de lait peine à augmenter. Les achats sont poussifs, et bien qu’ils aient repris un peu de tonus au début de 2017, il reste tant de disponibilités que les stocks peinent à s’écouler.

Les besoins de matières grasses laitières ont repris au fur et à mesure que le produit a retrouvé une bonne image nutritionnelle. Si les industriels s’étaient tournés vers des substituts végétaux, ils réorientent leur demande vers le beurre. « C’est vrai dans les pays développés, mais aussi dans ceux en voie de développement, qui diversifient leur consommation laitière », note Mélanie Richard.

Trouver des débouchés

Le lait infantile représente une large valorisation des protéines laitières sur le marché. « C’est un débouché porteur, en croissance, mais qui touche essentiellement les protéines de lactosérum », ajoute Mélanie Richard. Ces poudres sont utilisées par l’industrie agroalimentaire, notamment pour la reconstitution de produits laitiers dans des pays qui produisent peu de lait frais. « Aujourd’hui, il y a un effet conjoncturel sur certaines économies qui ont du mal à repartir, dans les pays pétroliers en particulier, reprend-elle. Ces derniers étaient de gros importateurs de poudre. »

Même en trouvant de nouveaux débouchés pour valoriser la protéine, le marché resterait freiné par la quantité de poudre de lait écrémé disponible. « En Europe, le surplus a conduit à 350 000 tonnes de stocks à l’intervention, que la Commission européenne n’arrive pas encore à remettre sur le marché, rappelle Mélanie Richard. Les offres de prix sont trop basses et déstabiliseraient encore un marché à peine convalescent. »

Hélène ChaligneJournaliste web