« Donner au lecteur la possibilité de se forger son point de vue et dresser une prospective. » Voilà les objectifs que se sont donnés le journaliste Olivier Néron de Surgy et la chercheuse à l’Inra, Jocelyne Porcher, dans leur livre, en librairie le 18 mars, « Encore carnivore demain ? Quand manger de la viande pose question au quotidien ».

Les auteurs soulignent que « les ouvrages qui sortent massivement en libraire, racontent tous la même chose : qu’il est mal de tuer les animaux, mal de les manger et mal de les domestiquer ». Grâce au concours d’une douzaine d’experts, leur livre expose les problèmes et les bienfaits dont la domestication animale est la source. Il propose une troisième voie entre l’industrialisation et la communication anti-viande.

© A. Coeuru / GFA

Relation de travail et d’affection

Le livre rappelle que le véritable élevage est une relation de travail et d’affection entre les hommes et les animaux et que s’en passer aurait de graves conséquences sociales et environnementales. Pour Jocelyne Porcher, si l’industrialisation de l’élevage mène à la rupture du lien avec les animaux, l’idéologie véhiculée par les végans y conduit également : « Ils veulent “libérer les animaux”, mais cela signifie “se libérer des animaux”. »

« Si les hommes veulent continuer à vivre avec leurs chiens, ils ont intérêt à soutenir les éleveurs à vivre avec leurs vaches », prévient-elle. Et de poursuivre : « La viande n’est pas la bonne question. La vraie question, celle abordée dans le livre, est la suivante : veut-on vivre ou pas avec des animaux ? »

« Nous couper des animaux, les exclure de notre monde social, ce serait peut-être finalement enlever de l’humanité à l’homme », conclut un paragraphe consacré aux dangers de l’arrêt de l’élevage.

Pour vivre dignement avec les animaux, la sociologue prône l’élevage sous label bio ou l’agriculture paysanne. Au sein du collectif « Quand l’abattoir vient à la ferme », elle milite pour que les éleveurs puissent choisir d’abattre leurs animaux à la ferme, une pratique interdite en France (1). Et de conclure : « Les animaux sont d’abord une source de relations avant d’être une source de profits. »

Aurore Cœuru

(1) Tribune publiée le 3 mars 2017 dans Marianne https://www.marianne.net/debattons/tribunes/les-eleveurs-doivent-pouvoir-choisir-d-abattre-leurs-animaux-la-ferme