Le tableau de chasse des loups continue de battre des records. Selon les données de la Dreal Auvergne Rhône-Alpes, au 31 octobre 2019, 3 500 constats étaient indemnisés ou en cours d’instruction, c’est plus de 400 qu’en 2018 à la même date. Côté victimes, à 10 953, on en dénombre près de 500 de plus que l’année dernière. Ces données sont par ailleurs sous-estimées, selon la Dreal, en raison des délais liés à la réalisation des constats, à leur transmission à la DDT (M), à leur instruction, ainsi qu’au mouvement social de l’ONCFS.

En régions, Provence Alpes-Côte-d’Azur concentre toujours le plus grand nombre de victimes (6 601). Les Alpes-Maritimes sont toujours en tête (2 595 victimes). Les Hautes-Alpes, totalisent 1 366 animaux dévorés, soit 25 % de plus que l’année dernière. L’attaque sur les alpagas dont nous avons fait écho le 15 novembre va encore « accroître » ce résultat.

Voir aussi : Prédation — Le loup « nous a mis une claque dans la gueule » (15/11/2019)

Augmentation des dégâts sur le front de colonisation

En Auvergne Rhône-Alpes, de nouveaux départements entrent dans le décompte, comme l’Ain, sachant que le Cantal a vu le nombre de ses constats tripler en un an. Ils sont passés de 15 à 45. En Bourgogne Franche-Comté, les dégâts augmentent aussi fortement. 173 animaux domestiques sont indemnisés ou en passe de l’être, contre 33 l’année dernière à la même date. Compte tenu des retards de l’administration, le versement des indemnisations est lui aussi souvent en attente, ce qui met en difficultés les comptes des exploitations et amplifie le désespoir des éleveurs.

Du côté des loups, 96 sont décomptés du plafond de prélèvement qui en prévoit 100. Seuls 4 loups peuvent donc encore être abattus jusqu’à la fin de l’année pour limiter la pression autour des troupeaux.

M.-F. Malterre