Alors que la Commission européenne vient d’annoncer son intention d’inclure la viande bovine dans les négociations de libre-échange avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) qui se poursuivront jusqu’au 6 octobre au Brésil, le Parlement européen tente d’anticiper : les députés de la commission de l’agriculture ont voté, le 2 octobre 2017, deux rapports demandant l’exclusion des filières « sensibles » des futures négociations commerciales avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Stop à « la fougue libre-échangiste »

« Ce vote constitue un rappel à l’ordre à la fougue libre-échangiste de l’exécutif européen, souligne le parlementaire français Éric Andrieu, auteur de l’un d’eux. Nous demandons à la Commission européenne une exclusion claire des filières les plus sensibles de ces négociations, à commencer par les viandes bovine et ovine, les produits laitiers et les sucres spéciaux. »

Les députés estiment qu’une plus grande ouverture du marché dans ces secteurs pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les producteurs européens : ils mettent en garde contre le risque d’un fort déséquilibre de ces accords dans le secteur agricole au détriment de l’Union européenne.

« La Commission doit arrêter de saigner l’agriculture européenne comme elle le fait actuellement en s’en servant systématiquement de monnaie d’échange pour un accès accru de nos produits industriels et services aux marchés des pays tiers ! », poursuit Éric Andrieu, dans un communiqué daté du 3 octobre 2017.

Le commerce international en faveur de quotas

Les deux rapports, qui ne valent que pour avis, seront transmis à la commission du commerce international, décisionnaire sur ces dossiers, dont la ligne est pour l’heure la défense de « résultats équilibrés » dans le secteur agricole, par la mise en place, par exemple, de quotas pour ces filières.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé à la mi-septembre son intention d’ouvrir des négociations commerciales avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, et de les conclure avant la fin de son mandat en 2019.

Rosanne Aries