« Ça ne sert à rien d’aller concurrencer le poulet brésilien, mais ça ne sert à rien que celui-ci vienne concurrencer le poulet français ou européen ! réagit le syndicat aux vœux du chef de l’État au monde agricole. La CFA alerte à nouveau le président de la République, […] le ministre de l’Agriculture et celui du Commerce extérieur sur la contradiction que représenterait l’ouverture de nouveaux contingents de viande de volaille dans un éventuel accord avec le Mercosur. »

Exclure la volaille des négociations

Pour le syndicat, la seule avancée possible dans ces discussions serait « d’exclure définitivement des négociations la viande de volaille. Le sentiment désagréable que ces négociations se déroulent en catimini, et les propos peu rassurant du président de la République jeudi conduisent la CFA à tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme et à rappeler que de nouveaux contingents menaceront directement la réussite du plan de filière et la pérennité du secteur. »

Après le secteur de la viande bovine, celui de la volaille qui dénonce la position du chef de l’État. « Rien n’a été réactualisé dans les négociations avec le Mercosur, estime Jean-Michel Schaeffer, président de la CFA. On ne peut pas, d’un côté, nous demander de monter en gamme sur l’ensemble de nos marchés et, de l’autre, infliger à l’ensemble de la filière une concurrence déloyale sur le marché européen via l’entrée de nouveaux contingents de viande de volaille d’Amérique du Sud. »

150 millions de poulets menacés

Les annonces d’Emmanuel Macron surprennent d’autant plus le secteur avicole que lors de la clôture du premier chantier des États-généraux de l’alimentation en octobre, « ses propos avaient été très clairs : “ […] Je ne suis pas favorable à ce que nous nous précipitions pour conclure avant la fin de l’année des négociations commerciales dont le mandat a été donné en 1999. […] Il est donc indispensable que ces négociations soient réactualisées si nous voulons les poursuivre.” »

Le syndicat chiffre à 500 000 tonnes, les importations de volailles de l’Union européenne en provenance du Brésil. « En ce qui concerne les poulets de chair, une offre élargie en découpes pourrait résulter en une perte de débouchés pour plus de 150 millions de poulets de chair élevés dans l’Union européenne, prévient la CFA. Un nouveau contingent de 90 000 t de viande de volaille ramènerait les volumes d’importations à un chiffre à peine croyable de presque 1 million de tonne ! »