« Cet accord ne profiterait ni aux agriculteurs européens, ni aux agriculteurs canadiens, écrit Jeunes Agriculteurs (JA) dans un communiqué du 8 février 2017, en parlant du libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. Il déstabiliserait le marché européen de la viande bovine en entraînant l’importation de 70 000 tonnes de haut de gamme à droit nul, tout en fragilisant la filière laitière canadienne qui dispose d’une politique de quotas laitiers. »

S’appuyant sur l’étude d’impact publiée le 2 février par l’Institut de l’élevage, l’Ifip et AgroParisTech, le syndicat assure que le différentiel de compétitivité tant sur l’organisation des filières que sur la règlementation déstabiliserait fortement des secteurs déjà en crise. « Concentration des abattoirs au Canada contre maillage territorial en Europe » et règlementation « plus contraignante dans l’Union européenne qu’au Canada sur l’alimentation et le bien-être animal », précise JA.

Entre les mains des députés

Parce qu’il ne veut pas voir cet accord ratifié, le syndicat appelle les députés européens à « prendre en compte les agriculteurs dans leurs décisions ». Il défend « une agriculture familiale, […] avec des agriculteurs nombreux sur les territoires. »

JA glisse aussi le sujet de la gestion des marchés, qui sécuriserait les revenus et anticiperait les crises. « Les députés européens ont entre leurs mains un choix : celui de la libéralisation à outrance des produits agricoles ou celui de la gestion équitable des marchés pour que chaque agriculteur puisse vivre de son métier et continue à faire vivre ses concitoyens », conclut-il.