« Ce signal rappelle au reste du monde l’importance que l’Union européenne attache à l’ouverture, au libre-échange et à la coopération mondiale », s’est félicité le ministre bulgare de l’Économie, Emil Karanikolov, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne.

« Se fermer au monde n’est ni bon pour les affaires, ni pour l’économie mondiale », a réagi sur Twitter le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, au moment où les États-Unis rebattent les cartes du commerce mondial avec, entre autres, leurs droits de douane punitifs sur l’acier et l’aluminium.

Des accords anciens

La Commission européenne a présenté les mandats de négociation avec Canberra et Wellington en septembre 2017, après des discussions préparatoires. L’Union européenne avait déjà conclu des accords de partenariat en 2008 avec l’Australie et en 2017 avec la Nouvelle-Zélande.

L’industrie alimentaire en première ligne

« Les secteurs (européens) susceptibles de tirer le meilleur profit des accords de libre-échange sont l’équipement automobile, les machines, les produits chimiques, l’industrie alimentaire et les services », explique le Conseil de l’Union européenne dans un communiqué. Il souligne que « les mandats s’attachent tout particulièrement à protéger les secteurs vulnérables tels que l’agriculture ».

Les produits agricoles en provenance du Pacifique

L’Europe est le troisième partenaire commercial de l’Australie. En 2017, les deux zones ont échangé pour 47,7 milliards d’euros, l’Union européenne étant excédentaire à hauteur de plus de 21 milliards d’euros. L’Union européenne exporte majoritairement des produits manufacturés, tandis que l’Australie vend aux Européens des produits miniers et agricoles.

Les échanges avec la Nouvelle-Zélande se sont élevés à 8,7 milliards d’euros l’an passé. L’Union européenne est son deuxième partenaire commercial après l’Australie.

Interbev réagit

En France, ces discussions inquiètent Interbev. « Il y a eu le Ceta et ses 65 000 tonnes de viandes bovines […], rappelle l’interprofession bétail & viande. Plus récemment, le Mexique et ses 20 000 tonnes […]. Il y aura, peut-être, dans quelques semaines, le Mercosur et ses 99 000 tonnes de viandes. […] Pourquoi pas, dans quelques mois, un nouveau TTIP » avec les États-Unis ?

Et pour Interbev, il n’y a aucun doute : ces négociations « sont très préjudiciables pour la filière viande bovine française et font l’objet d’un rejet fort de la part des citoyens ». « Trop c’est trop ! tempête Dominique Langlois, le président d’Interbev. La France ne peut plus longtemps continuer à jouer simultanément sur deux tableaux opposés. »

Avec l’AFP