« Il y a 70 organisations de producteurs de lait qui vendent à Lactalis en France, pourquoi ne pas se regrouper pour discuter collectivement avec l’entreprise, arrêtons de nous chamailler pour des bricoles », lance Marcel Denieul lors d’un point presse organisé avant la vaste mobilisation interrégionale des producteurs de lait, lundi à Laval, contre Lactalis.

« Ce que je ressens fortement, c’est que la crise dure et qu’elle est plus dure. Pourtant, on n’entend pas les agriculteurs qui ont tendance à se replier sur eux-mêmes », a-t-il alerté, soulignant « qu’un agriculteur isolé est un agriculteur en danger ».

Lactalis, l’industriel le moins disant

« Tous nos baromètres de suivi des prix payés aux producteurs montrent que le groupe Lactalis est le moins disant parmi pratiquement toutes les entreprises de l’ouest de la France », a-t-il remarqué, évoquant « une forme de provocation ».

« Auparavant, Lactalis disait qu’il devait s’aligner sur ses concurrents en France pour baisser les prix, mais comme ils proposent désormais des prix supérieurs, il dit aujourd’hui qu’il s’aligne sur la concurrence européenne », déclare Marcel Denieul.

Le président de la chambre d’agriculture a aussi condamné le « fonctionnement » de Lactalis dans ses relations avec les producteurs. « Je caricature un peu mais c’est soit paternaliste, soit les producteurs n’ont qu’un droit, celui de se taire », relève-t-il.

Intégrer la dimension sociale

« Il faut que Lactalis dépasse cette approche d’autant que beaucoup de marques fortes développent leur volet « responsabilité sociale et environnementale », or je ne vois pas comment une entreprise qui possède des marques très fortes peut ne pas intégrer la dimension sociale, dont fait partie sa relation avec les producteurs ».

Parmi les facteurs aggravants de la crise, Marcel Denieul a également jugé que la fin des quotas laitiers, le 31 mars 2015, n’avait « pas assez été anticipée » en France. « Nous nous sommes battus jusqu’au bout pour conserver les quotas mais quand la décision a été prise, nous ne nous sommes pas organisés collectivement et nous avons laissé la main aux entreprises privées », reconnaît-il.

AFP