« Oui, le calendrier de paiement tarde mais nous nous démenons pour faire reconnaître les pertes, amener des chiffres incontestables aux pouvoirs publics afin que derrière, il y ait des indemnités pour tous les maillons de la filière, en amont comme en aval », explique Christophe Barrailh lors de la conférence de presse organisée par le Cifog qu’il préside, ce 20 juin 2017, chez Éric et Chantal Tachon, éleveurs-gaveurs à Maurrin (Landes).

Rendez-vous avec le ministre

Le Cifog sera reçu mercredi par Jacques Mézard, le ministre de l’Agriculture. « On va dire au ministre que sur la question des 30 % restant dû toujours pas versés pour l’épisode H5N1 en 2016, on partage l’inquiétude des éleveurs. C’est une attente insoutenable. » Le Cifog entend aussi rappeler au aussi que l’acompte sur les pertes de production faisant suite au passage du virus H5N8 est toujours attendu.

« N’oublions pas que, pour le virus H5N1, c’est 130 millions d’euros qui ont été débloqués pour la filière, dont 42 de l’Europe », poursuit Christophe Barrailh. À présent, l’interprofession attend les modifications de l’arrêté sur la biosécurité prévu pour la fin du mois, « ces nouvelles règles de production rendront la filière plus résistante ».

Cette prise de parole intervient quelques jours avant l’assemblée générale qui marquera les 30 ans du Cifog. Une occasion que la Confédération paysanne et le Modef entendent saisir pour manifester. Défenseur des circuits courts et de la filière traditionnelle, les deux syndicats s’opposent à la mise en place d’un « audit obligatoire, annuel et payant, dans tous les élevages de palmipèdes » et à « l’alimentation et l’abreuvement des volailles en intérieur ».

Des audits financés par le Cifog

« Les audits de biosécurité, prévus pour s’assurer de la bonne compréhension par tous des nouvelles règles, seront financés par l’interprofession, pas par les éleveurs », affirme Christophe Barrailh, soucieux de désamorcer des tensions. Quant à « l’élevage en plein air, c’est une exigence non négociable », mais, « en période de risque avéré, quelques mois par an, il faut pouvoir mettre à l’abri nos animaux ».

Hélène Quenin avec l’AFP