Depuis le vendredi 13 janvier 2017, dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, les mouvements de palmipèdes sont interdits jusqu’à nouvel ordre. Même si la mise en gavage et l’envoi à l’abattoir des palmipèdes gavés restent autorisés sous conditions, la pilule est dure à avaler pour les éleveurs des zones indemnes de grippe aviaire.

Incompréhension

Les représentants d’ELB ne comprennent pas que les petits producteurs fermiers payent à nouveau les pots cassés. « Un an après un vaste plan pour éradiquer la grippe aviaire, nous nous retrouvons dans une situation similaire », a critiqué Panpi Sainte-Marie, secrétaire général d’ELB et éleveur de volailles, le 16 janvier 2017, lors d’une conférence de presse à Domezain-Berraute (Pyrénées-Atlantiques).

« S’il faut stopper la propagation du virus, les mesures drastiques ne servent à rien si on ne s’attaque pas aux racines du mal : une filière ultra-segmentée, la multiplication des échanges et des transports, la sélection génétique orientée vers la productivité au détriment de la rusticité et la densité excessive des élevages industriels », a-t-il énuméré.

Des mesures « inapplicables »

Entreront-ils en résistance contre des mesures qu’ils trouvent « aberrantes », voire « inapplicables » à leurs petites structures ? « Je n’applique pas toutes les mesures de biosécurité, reconnaît un producteur de foie gras. Mais j’estime rester cohérent avec mon type d’exploitation qui fonctionne en circuit fermé depuis l’arrivée des canetons jusqu’à la transformation.

Je ne vais pas mettre un sas à chaque entrée de prairie parce que mes canards en pâture sont d’âges différents, ni désinfecter les roues de mon tracteur chaque fois que je passe d’un pré à l’autre ! En revanche, j’ai un sas pour me changer et mettre ma tenue de travail. Et chaque année, je fais un vide sanitaire de trois mois. »

Face à cette nouvelle crise, les petits éleveurs et accouveurs, de volailles comme de palmipèdes, réclament la fin des mesures de biosécurité inapplicables à leurs structures. Ils demandent plus d’information, mais aussi un soutien psychologique « car la maladie progresse toujours ».

Hélène Quenin