En conséquence, le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Éric Morvan, a annoncé qu’il allait déposer plainte. « Un arrêté ministériel a défini le périmètre au sein duquel nous devons procéder à un vide sanitaire, indique-t-il. Les trois exploitations sont situées dans ce périmètre. Nous avons subi aujourd’hui comme vendredi dernier une opposition frontale de la part des manifestants. Je saisis le procureur de la République pour entrave à une disposition réglementaire. Il lui appartient d’engager ou non des poursuites. »

Désaccord syndical

Le président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) des Pyrénées-Atlantiques, Bernard Layre, a déploré ces blocages : « Tout le monde a validé ce vide sanitaire, y compris la Confédération paysanne. ELB fait partie de la Confédération paysanne et refuse de l’appliquer. Le vide sanitaire qui doit durer six semaines n’a toujours pas commencé. Tant qu’il ne sera pas appliqué, nous ne pourrons pas recommencer à produire. Nous sommes pris en otages, ELB a transformé ce combat sanitaire en combat politico-syndical. »

Pendant la semaine, de vaines discussions avaient eu lieu entre les représentants d’ELB et les services de la préfecture à Pau, ainsi que le ministère de l’Agriculture. « Il s’agit d’un faible nombre d’animaux et aucun déplacement n’est prévu, argumente la Confédération paysanne dans un communiqué diffusé ce 21 avril 2017. C’est ce type de considérations qui a déjà amené l’Administration au début de janvier à exempter les élevages autarciques des abattages préventifs. »

« Aujourd’hui, pour la deuxième fois, ce sont des CRS qui ont été mobilisés pour faire régner l’ordre administratif à coup de gaz lacrymogènes. » Le syndicat ajoute que, « une fois de plus les canards et les poules ont été sauvés et ont recouvré la liberté des parcours ». La Confédération paysanne demande, en totale solidarité avec les éleveurs basques, que l’ordre d’abattre les animaux des élevages sains soit remplacé par un protocole de suivi sanitaire.

AFP