« Landes sans canards = France sans foie gras », « Les paysans avant les riches, ou alors c’est le bordel ! », « Papi et Mamie n’ont plus un rond ! » pouvait-on lire sur des pancartes ce 7 octobre 2017, entre des drapeaux de la FDSEA, de JA, et du Modef au rassemblement où de nombreux élus, de droite comme de gauche, portaient leur écharpe tricolore.

« On ne fout pas le “bordel” »

« Notre message est lancé dans un climat de paix, on ne fout pas le “bordel”. Nous ne sommes pas des cyniques ni des fainéants mais des gens qui demandent à travailler ! », lance, en référence à des propos récents d’Emmanuel Macron, le député socialiste des Landes Boris Vallaud aux manifestants, parmi lesquels des éleveurs gaveurs, salariés agricoles, chefs d’entreprise ou citoyens.

« De quoi parlons-nous ? De 30 millions d’euros d’indemnisations ? Décalez de 48 heures la suppression de l’ISF et vous les trouverez les 30 millions ! », poursuit l’élu, lançant un « appel de la Chalosse », le terroir local, au gouvernement : « entendez-nous, entendez notre souffrance, notre impatience, notre espérance ».

La filière avicole demande à être indemnisée complètement pour les effets de la crise aviaire, c’est-à-dire pour l’après-29-mai, date de reprise de production post-vide sanitaire. Car depuis, par manque de canetons, nombre d’éleveurs-gaveurs sont sans revenu pour encore plusieurs semaines, et toute la filière jusqu’aux entreprises de l’aval est impactée.

Des canetons le 1er août et non le 29 mai

Pierre Lacroix, éleveur à Poyartin, a vu ses 11 500 canards abattus en janvier : « On n’a reçu les canetons que le 1er août, pas le 29 mai ! Le temps de les élever, on ne reprendra le gavage qu’à la mi-octobre avant de pouvoir à nouveau vendre à la fin du mois. Neuf mois sans rien, la trésorerie est très tendue alors qu’on a joué le jeu, on a fait les investissements en biosécurité et tout, alors il faut qu’on nous entende ! »

Dans un communiqué vendredi, 14 députés de la majorité, élus de sept départements du Grand Sud-Ouest, ont exprimé leur soutien à la filière, et demandé au gouvernement un « plan de compensation complémentaire » pour les acteurs de la filière « pour les pertes liées à la reprise difficile du secteur après la fin du vide sanitaire ».

AFP