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Les pouvoirs publics appelés à verser les aides « le plus rapidement possible »

© A. Delest/GFA

L’interprofession du foie gras attend du gouvernement un versement rapide des aides ainsi qu’un renforcement de la stratégie de lutte contre l’épizootie. Elle attend aussi que soit fixé un calendrier de redémarrage des élevages.

Le jeudi 16 février 2017, le conseil d’administration du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie Gras (Cifog) s’est réuni à Bordeaux afin de faire le point sur les conséquences du virus H5N8. La filière demande au gouvernement de renforcer la stratégie de lutte et de fixer un calendrier de redémarrage des élevages.

Le Cifog attend des pouvoirs publics qu’ils versent « le plus rapidement possible les aides financières programmées », et attire l’attention sur les producteurs mis préventivement à l’arrêt dans les zones réglementées autour des foyers : depuis décembre, ils sont sans revenus. « Le versement d’une avance de 70 % de l’aide perçue en 2016 est demandé dans les meilleurs délais », ajoute-t-il.

210 millions d’euros de pertes

Les pertes pour la filière seraient de plus de 210 millions d’euros, sans compter les coûts d’investissement et de mise en œuvre des nouvelles règles de production qui auront un impact majeur sur les volumes disponibles. Le plan d’abattages préventifs concerne à ce jour plus de 1,9 million d’animaux auxquels s’ajoutent 1,3 million de canards décimés dans les exploitations touchées par le virus.

Selon le Cifog, 5 millions de canards ne peuvent pas être mis en production depuis le début de l’épizootie. « Au total, ce sont donc 8,2 millions de canards perdus pour la production française de foie gras », calcule le Cifog. Les pertes financières, de l’accouvage à la transformation, seraient de plus de 210 millions d’euros.

Selon l’interprofession, il est temps « de passer à une nouvelle étape plus offensive de dépeuplement en établissant une zone géographique d’abattage plus large dans les zones non encore stabilisées du Sud-Ouest ». C’est selon elle le « seul dispositif permettant d’éradiquer définitivement et plus rapidement ce virus ».

H.C.

« Mieux vaut prendre des mesures radicales »
© h. chaligne

Marie-Pierre, Pé, secrétaire générale du Cifog.

« La situation n’est plus tenable. Les éleveurs et les équipes qui les entourent sont épuisés et les entreprises n’ont pas de visibilité. Chaque jour, dix nouveaux foyers sont découverts. Même les couvoirs, aux normes de biosécurité depuis longtemps, ont été touchés et aucun caneton n’a été mis en place depuis décembre. Le Cifog demande au ministère d’autoriser l’abattage de tous les canards encore présents en zones sensibles, soit 400 000 bêtes dans le sud des Landes. Lorsque l’activité reprendra, les entreprises s’engagent à accompagner les éleveurs sur le plan technique et financier. Ceux-ci devront bâtir de nouveaux bâtiments pour rentrer leurs animaux pendant la période migratoire des oiseaux sauvages, de novembre à janvier. »

Florence Jacquemoud

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