« La liste des communes est établie sur la base d’une analyse de risques qui prend en considération le risque de diffusion de l’infection, le caractère évolutif de l’épizootie et la densité en élevages de volailles », explique le ministère. Le ministre de l’agriculture peut réviser la liste « en fonction de l’évolution de l’épizootie, jusqu’à observer l’arrêt de la propagation de l’infection ».

Dans un arrêté publié au Journal officiel ce 5 janvier 2017, la liste des exploitations concernées par l’abattage des palmipèdes est établie selon les principes suivants, par ordre de priorité décroissant :

  • Les exploitations détenant des lots de palmipèdes maintenus en plein air.
  • Les exploitations détenant des lots de palmipèdes en fin de période de gavage ou des lots de palmipèdes en filière maigre pour lesquelles il n’y a pas, dans la zone, d’abattoir de destination susceptible de les prendre en charge pour un abattage en vue de la consommation humaine.
  • Les exploitations détenant des lots de palmipèdes reproducteurs ou futurs reproducteurs détenus en plein air non conformes aux mesures de biosécurité définies par l’arrêté du 8 février 2016 susvisé.
  • Les exploitations au sein desquelles les palmipèdes peuvent être gavés et abattus sur place pour la consommation humaine dans une salle d’abattage à la ferme agréée ou un établissement d’abattage non agréé peuvent également faire l’objet d’un abattage préventif en cas de non-conformité aux mesures de biosécurité définies par l’arrêté du 8 février 2016 susvisé.

Les exploitations suspectes ou infectées par la grippe aviaire sont gérées selon d’autres dispositions (arrêté du 18 janvier 2008). Les abattages préventifs sont réalisés sur place ou sur un site spécifique. Lorsqu’il s’agit d’un abattoir, une instruction technique du 4 janvier 2017 précise les modalités strictes de prise en charge, afin d’éviter toute nouvelle contamination.

Nettoyage, désinfection et vide sanitaire

Après le départ des volailles à risque, le ministère rappelle les mesures à mettre en place :

  • Nettoyage et désinfection des locaux et des parcours, des circuits d’élimination et système de stockage des effluents concernés (gestion identique à celle des foyers) ;
  • Interdiction de mise en place d’oiseaux avant la réalisation des mesures de nettoyage et de désinfection ;
  • Dépistage virologique et sérologique de l’influenza aviaire des autres lots d’animaux de l’exploitation ;
  • Réalisation d’une enquête épidémiologique (liens amont-aval, devenir des lots contacts) et réalisation de prélèvements sérologiques et virologiques sur les lots contacts.

Précautions pour les chasseurs

Enfin, le ministère édicte de nouvelles restrictions concernant la chasse, et rappelle les précautions d’usage pour les chasseurs. « Le lâcher de gibier à plumes est interdit dans les zones de protection et de surveillance ». Par ailleurs, « compte tenu de l’absence de mortalité observée chez les oiseaux sauvages, les mesures de restrictions de la chasse évoluent », avec l’interdiction de la chasse au gibier à plumes en zone de protection et de surveillance, et de la chasse au gibier d’eau en zone de surveillance.

« Lorsque la chasse est pratiquée en zone de surveillance, la fédération départementale des chasseurs doit s’assurer de la bonne sensibilisation des chasseurs à la vigilance vis-à-vis de la détection et du signalement d’oiseaux morts et aux mesures de biosécurité adaptées (nettoyage et désinfection des bottes et du matériel de transport des oiseaux tirés, nettoyage des vêtements ayant servi à la chasse, gestion des déchets de chasse n’engendrant pas de risque de contamination et pas de contact avec des oiseaux domestiques avant d’avoir changé complètement de tenue). »

E.C.