Lors d’une réunion à Bordeaux le 16 février 2017, le conseil d’administration du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie Gras (Cifog) a adopté de nouvelles règles de production. Il assure qu’elles tiennent compte de tous les modes d’élevage. « Ces nouvelles règles feront l’objet d’un accord interprofessionnel qui devra être rendu obligatoire par les pouvoirs publics pour l’ensemble des acteurs de la filière », explique le Cifog.

Elles s’articulent autour de cinq axes majeurs posant les bases d’un redémarrage de la filière dans le Sud-Ouest dès que le virus H5N8 sera maîtrisé :

  • Mise en place d’un système d’alerte sanitaire par les vétérinaires sous l’autorité des pouvoirs publics et relayé à l’ensemble des intervenants de la filière par les professionnels. Il s’appuiera sur un dispositif obligatoire de déclaration de mise en place d’animaux dans tous les élevages de la filière longue comme pour les producteurs à la ferme. « Ce dispositif permettra de ne pas prendre de retard dans l’information d’un éventuel cas d’influenza détecté, explique l’interprofession. […] Cette mesure permettra de tenir un tableau de bord fiable des élevages pour pouvoir agir rapidement. »

  • Mise en place de nouvelles règles obligatoires de protection des élevages durant la période de migration des oiseaux sauvages, entre le 15 novembre et le 15 janvier, si passage en risque élevé :

- Capacité de garder les animaux à l’intérieur des bâtiments d’élevage : les entreprises de la filière se sont engagées à accompagner techniquement et financièrement les producteurs pour y parvenir.

- Conduite en bandes uniques par site d’exploitation (sortie des animaux + nettoyage et désinfection + 14 jours de vide sanitaire) à partir de septembre 2018. Tout nouveau projet d’installation doit se faire en bande unique. En cas de changement d’OP, le producteur met en place la bande unique immédiatement.

- Détection systématique de la présence ou non de virus hautement pathogène sur l’élevage avant tout déplacement des animaux grâce à des analyses afin de sécuriser le transport et d’éviter la diffusion d’un éventuel virus vers d’autres sites.

  • Application de la durée de vide sanitaire obligatoire pour tous, pour chaque étape d’élevage et adaptées à chaque mode de production : 14 jours pour les bâtiments d’élevage, 42 jours pour les parcours en plein air ou encore 48 heures pour les salles de gavage ainsi que 14 jours consécutifs dans l’année. Des dispositions particulières et adaptées sont proposées pour les circuits courts et les productions sous label rouge et autres productions particulières (canard de Barbarie, oie...)

Sécurisation des étapes de transport en déterminant un protocole de nettoyage et de désinfection des cages et des camions. L’application de ce protocole étant soumise à l’audit et au contrôle des opérateurs par un organisme tiers indépendant.

Professionnalisation de l’activité des intervenants extérieurs aux côtés des éleveurs dans les exploitations à travers la mise en place d’un guide des bonnes pratiques pour leurs interventions et du contrôle de sa bonne application par des organismes tiers.