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La remise en route des élevages « est une étape »

Grippe aviaire
 - La remise en route des élevages « est une étape »
Christophe Barrailh, président du Cifog. © H. Chaligne/GFA

Le 29 mai marque la remise en route des élevages de palmipèdes gras. Le Cifog (1) reste prudent, conscient que la grippe aviaire reste une véritable épée de Damoclès.

Si la filière du foie gras souffle de pouvoir remettre en place canetons et oisons dans les exploitations du Gers, des Landes, des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées, elle n’est pas moins inquiète pour l’avenir. « Ce n’est qu’une étape, et pas la conclusion d’un épisode douloureux, prévient Christophe Barrailh, président du Cifog, lors d’une conférence à Paris ce 29 mai 2017. Car les premiers échos des scientifiques sont formels : il faudra apprendre à vivre avec le risque de réapparition du virus. » Aussi l’interprofession planche-t-elle sur les règles sanitaires à rendre obligatoire pour limiter les risques.

« L’interprofession discute depuis décembre des modalités de reprise de la production, indique Marie-Pierre Pé, déléguée générale du Cifog. Nous avons signé un pacte de lutte contre l’influenza aviaire le 13 avril 2017. » Déjà, une nouvelle règle, actée par l’arrêté du 5 mai 2017, impose aux éleveurs de plus de 3 200 animaux d’être en mesure de les confiner en cas de passage en risque sanitaire élevé. Un arrêté qui, selon le Cifog, concernerait quelque 80 % des exploitations.

Imposer la bande unique

« D’autres points essentiels ne sont pas encore clairement arrêtés », reprend Marie-Pierre Pé, insistant sur la conduite en bande unique des élevages de palmipèdes prêts à gaver qui ne fonctionnent pas en autarcie. Aujourd’hui, la réglementation l’impose sur chaque unité de production. Le Cifog veut aller plus loin, en exigeant une bande unique par site. Selon l’interprofession, cette exigence garantirait un cycle efficace de lutte contre les virus.

« Ceux qui ont mis en place ce système constatent de meilleurs résultats techniques, assure Christophe Barrailh. Car avec des animaux du même âge, qui partent tous au même moment, le vide sanitaire est efficace. » Des dispositions particulières sont proposées pour les élevages dits « autarciques », les circuits courts et les productions sous label rouge.

« Nous souhaitons également que nos recommandations de durées de vides sanitaires s’appliquent obligatoirement, poursuite Christophe Barrailh. À savoir 14 jours pour les bâtiments d’élevage, 42 jours pour les parcours en plein air, 48 heures pour les salles de gavage ainsi que 14 jours consécutifs dans l’année. D’autres points sont en cours de discussion, notamment sur la question du transport, souvent accusé d’avoir favorisé la propagation du virus de ferme en ferme.

Un manque structurel de canetons

« Un plan de surveillance drastique est entré en vigueur pour accompagner les nouvelles mises en place d’animaux, poursuit Marie-Pierre Pé. Tous les lots sont analysés à la sortie sur parcours. Les éleveurs doivent se signaler à la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP). Quant aux exploitations dont l’arrêté préfectoral de déclaration d’infection (APDI) n’est pas levé, il faudra patienter encore. »

Il n’y aura de toute façon pas de canetons pour tout le monde. « Les couvoirs du Sud-Ouest ont beaucoup souffert », rappelle Christophe Barrailh. En effet, ils ne devraient retrouver leur pleine capacité de production qu’au printemps 2018. Des conditions retardent d’autant la montée en puissance du redémarrage de la filière.

Hélène ChaligneJournaliste web

(1) Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras.

Le versement des indemnisations se fait attendre

L’interprofession estime qu’à ce stade, les pertes financières pour l’ensemble des maillons de la filière atteignent plus de 350 millions d’euros (M€) dont : 50 M€ pour l’accouvage, 31,4 M€ pour le dépeuplement, 86 M€ pour les pertes de production à l’amont et 180 M€ pour l’aval. Sans compter les coûts induits par les investissements qui découleront de la mise en place des nouvelles règles sanitaires.

Le gouvernement, qui a promis des aides, tarde à débloquer leur versement. « Si le dispositif d’indemnisation de l’amont de la filière a bien été mis en place dans les délais pour l’épisode H5N1 (2015 et 2016), nous attendons encore son solde, à hauteur de 30 %, dit Marie-Pierre Pé. L’aide à la perte de production des entreprises de transformation n’est toujours pas en place. »

De gros retards pour la seconde vague

Concernant H5N8, le même dispositif d’avance de 50 % des aides n’est que partiellement en place. « Des exploitations spécialisées en gavage concernées par l’arrêt de la production n’ont plus de revenu depuis décembre et ne redémarreront qu’en septembre prochain », dénonce le Cifog.

L’interprofession exige le versement des aides à la production et à la transformation promises pour solder l’épisode H5N1. Elle aussi souhaite que les premiers dossiers d’avance de 50 % des pertes déjà reçus par l’Administration puissent être traités sans attendre la date butoir de dépôt des dossiers le 9 juin prochain. Enfin, elle attend que soit mis en place un dispositif de compensation des pertes pour les entreprises de transformation.

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