En déplacement dans les Landes et le Gers ce 13 mai 2016, Stéphane Le Foll a rappelé que les premières avances d’indemnisation pour les éleveurs, à hauteur de 50 % de l’estimation des pertes, seraient distribuées en mai et juin. Il l’a confirmé en visitant un élevage dans le Gers, et à l’issue d’une table ronde à Mugron, dans les Landes, avec des représentants de la filière de l’Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin et du Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

Un plan sur 5 ans pour la biosécurité

Le ministre de l’Agriculture a enfin indiqué « travailler à la mise en place d’un plan d’investissement sur cinq ans avec une enveloppe de 220 millions d’euros sur 5 ans, pour réussir la mise en place de la biosécurité ». Il faut maintenant « redresser la tête, rebondir et faire en sorte que la filière se projette à 5, 6, 7, 10 ans », a-t-il dit.

Pour les accouveurs, « on a besoin de terminer la négociation avec l’Europe sur les méthodes de calcul d’ici à la fin de mai » et alors « nous verserons les aides », a-t-il souligné. Quant aux entreprises de la filière situées en aval des producteurs, il a souligné que des reports fiscaux et de cotisations sociales pouvaient être demandés « sans attendre les difficultés, en fonction des estimations de pertes ».

Des annonces rassurantes

Pour Dominique Graciet, président de la chambre d’agriculture de la Région Aquitaine, Stéphane Le Foll a fait des « annonces de nature à rassurer. Il reste à peaufiner le plan d’intervention de l’État sur les investissements pour les nouveaux bâtiments et auprès des entreprises, on va le surveiller. »

« Globalement, on a une filière correctement accompagnée par les pouvoirs publics, a jugé Christophe Mesplède, le président du Modef. Le problème, c’est dans quel état on va retrouver le marché derrière, puisqu’on ne va plus vendre de production locale pendant plusieurs mois.

Gare aux importations

Selon lui, le ministre en a d’ailleurs appelé au bon sens des importateurs. Certaines grosses entreprises du secteur se sont engagées à ne pas importer plus que d’habitude, a assuré Christophe Mesplède. Mais « le risque est là : que l’importation se substitue au manque de production et que, derrière, il y ait moins de place pour les productions locales », d’autant que les prix vont forcément augmenter pour les consommateurs.

Le président du Modef craint aussi que les gros opérateurs demandent de plus en plus de bâtiments en claustration. Mais, selon lui, le ministre a « clairement répondu » que « le modèle d’élevage en plein air » qui est « un gage de bien-être animal » ne serait pas remis en cause.

Avec l’AFP