« C’est un nouveau coup dur pour les éleveurs, un nouveau coup dur pour la filière, a estimé Xavier Beulin, le président de la FNSEA au sujet de l’épisode de grippe aviaire qui touche la France actuellement. Après l’épisode de 2016 où des mesures radicales avaient été prises, on s’aperçoit que cela risque de revenir de manière assez régulière », a-t-il précisé ce 5 janvier 2017 lors d’une conférence de presse à Paris ce 5 janvier 2017.

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« C’est bien la faune sauvage qui est porteuse de ce virus et contamine les élevages, affirme-t-il. Le plan sanitaire mis en place il y a un an, il va peut-être falloir le revisiter pour être davantage dans la prévention. » Et visiblement, le président de la FNSEA estime que des mesures de prévention pourraient être prises dès la détection de foyers dans d’autres pays d’Europe. Et pour prévenir de prochaines épizooties, « il serait peut-être temps de se poser les bonnes questions, comme celle de la vaccination », a-t-il suggéré.

« Tenir compte des différents types d’élevage »

De son côté, la Confédération paysanne demande que « tous les éleveurs soient indemnisés selon la valorisation de leur production. Cette épizootie doit être traitée en prenant en compte les différents types d’élevage. De nouvelles mesures de biosécurité ne doivent pas pousser encore plus à l’industrialisation. L’organisation de la filière doit être repensée pour cesser la spécialisation à outrance et relocaliser l’ensemble des maillons de cette production. »

Dans un communiqué diffusé le 4 janvier 2017, le Modef des Landes rappelle que « les éleveurs ont fait des efforts, ont beaucoup investi dans la biosécurité. Pourtant, ce 4 janvier 2017, un nouveau gâchis leur est annoncé : abattage des palmipèdes en cours de production, impossibilité de produire pendant plusieurs semaines sur une zone qui couvre une partie du Gers, des Landes et des Hautes-Pyrénées. »

Le syndicat estime que les « véritables enseignements » n’ont pas été tirés de l’épisode de grippe aviaire qui a touché le Sud-Ouest l’an dernier. « Le risque lié à la multiplication des transports – qui apparaissent comme vecteur principal de propagation – n’a pas été suffisamment pris au sérieux. Il s’avère que la bande unique n’est pas la panacée. »

Inquiétudes pour les indemnisations

Le Modef des Landes se dit également inquiet de l’accompagnement financier prévu. « Si on peut supposer que l’État remboursera la valeur des animaux abattus par décision administrative, nous n’avons aucune assurance quant à l’indemnisation du manque à gagner que génère l’interdiction de produire pendant plusieurs mois », redoute le syndicat.

Le Modef des Landes propose « une réflexion de fond sur l’avenir de la filière [qui] doit être définie avec l’ensemble des acteurs professionnels. Nous ne pourrons échapper plus longtemps à la remise en cause de l’incessante course aux volumes. Est-il pertinent de produire toujours plus quand cela alimente des stocks ? Stocks qui, depuis 5 ans, pèsent sur les prix payés aux producteurs. »