Dans les Pyrénées-Atlantiques, trois élevages de volailles en système dit « autarcique » bénéficient depuis mercredi du soutien de sympathisants mobilisés contre l’abattage préventif des animaux. Des groupes de plusieurs dizaines de manifestants, agriculteurs, éleveurs, consommateurs, proches du syndicat basque ELB, la Confédération paysanne de la région se sont opposés pacifiquement, ce vendredi 14 avril 2017, à l’abattage de canards et poulets dans trois exploitations.

« Des producteurs en règle »

« Les éleveurs ont collaboré avec l’Administration, c’est-à-dire que tout était prêt pour l’abattage, explique le syndicat. Ce qui a rendu la manœuvre impossible, ce n’est pas l’opposition des éleveurs, mais la présence des manifestants. Ainsi, les producteurs restent en règle. » Les trois éleveurs sont attendus par le préfet en début de soirée.

Sur l’une des exploitations, à Domezain, selon l’AFP, quatre gendarmes et deux agents de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), dont un vétérinaire, sont arrivés chez Jean-Michel Berho pour procéder à l’abattage par euthanasie de 400 canards. Son exploitation se trouve dans une zone concernée par le vide sanitaire qui doit débuter à partir de lundi pour six semaines.

L’équipe a commencé par inspecter le bâtiment où étaient confinés les canards mais au moment de procéder à l’abattage, les manifestants ont expliqué, calmement, aux gendarmes et agents qu’ils s’opposaient à la mise à mort des palmipèdes.

« C’est une infraction pénale »

« Nous constatons qu’il y a eu entrave, déclare une gendarme, chef d’escadron, face aux manifestants, après de longues discussions. Les personnes présentes se sont opposées à l’abattage. C’est une infraction pénale. Nous allons établir un rapport et le parquet décidera des suites à donner à cette entrave. »

Le vétérinaire de la DDPP met en garde l’éleveur : si l’influenza aviaire H5N8 venait à se déclarer dans les prochains jours, il « sera personnellement responsable et ne recevra aucune indemnisation ». Les manifestants, proches du syndicat agricole ELB, se sont alors dits prêts à « endosser » cette responsabilité « collectivement ».

Jean-Michel Berho a réaffirmé que ses canards « ne représentent pas une menace. […] Nous les élevons dans un système autarcique [circuit fermé, NDLR], la dernière analyse a été pratiquée sur mes canards lundi : ils sont sains. »

Le syndicat essaie de négocier avec l’Administration un protocole de surveillance renforcée. « Mais elle est butée », dit l’ELB, assurant que les animaux sont sains, qu’il n’y a pas d’autres élevages de volailles aux alentours, et que l’épidémie est sur sa fin.