Le tribunal a également requis 8 000 € d’amende contre Cathy Chabalgoity, responsable d’une exploitation à Barcus, et 10 000 € contre le syndicat agricole ELB, la branche basque de la Confédération paysanne.

La Confédération paysanne en soutien

À l’initiative du syndicat, 300 personnes se sont rassemblées devant le palais de justice, dont Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, venu soutenir les prévenus et « la lutte contre l’industrialisation de l’agriculture ».

Le 14 puis le 21 avril 2017, 250 personnes s’étaient réunies devant l’exploitation de l’éleveuse pour en bloquer l’accès aux services sanitaires qui devaient y procéder à l’abattage préventif des canards. Elles estimaient que les animaux étaient « sains ».

Cathy Chabalgoity a assuré au tribunal avoir « essayé de trouver des solutions avec les services de la Direction départementale de la protection des populations » car elle n’était « pas d’accord avec les mesures d’abattage préventif systématique ».

Elle a affirmé avoir mis ses animaux à disposition de la DDPP, ajoutant que le blocage n’était pas de son ressort. Le directeur des services vétérinaires a indiqué qu’elle n’avait « rien fait pour débloquer la situation ». Le secrétaire général d’ELB a affirmé être « responsable » de ces blocages.

Un « enjeu de santé publique » pour la procureure

Pour la procureure de Pau Cécile Gensac, « l’enjeu du débat aujourd’hui, c’est la santé publique ». Arguant de la « dangerosité du virus », elle a pointé du doigt « l’égoïsme » de telles actions, « on parle bien d’un sujet aux répercussions mondiales ».

Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe. Des condamnations seraient « un gage donné à l’industrie agroalimentaire qui fait porter le poids sur les petits éleveurs », selon maître Anne-Marie Mendiboure.

Pour mettre un terme à l’épidémie de grippe aviaire dans le Sud-Ouest, le gouvernement avait imposé au printemps 2017 un vide sanitaire dans les élevages de palmipèdes de 1 134 communes sur cinq départements.

Les trois élevages, dont celui de Barcus, où les abattages avaient été bloqués, avaient ensuite été simplement placés sous « surveillance sanitaire » mais la préfecture avait saisi le parquet pour « entrave à une disposition réglementaire ».

AFP