D’après une note de conjoncture Agreste publiée le 24 mars 2017, la consommation apparente de viande, calculée par bilan, ou mise à disposition sur le marché intérieur, augmente de 0,9 % en 2016 par rapport à 2015. La situation reste contrastée selon les filières. La consommation de viande de boucherie, qui représente 68 % de la consommation totale de viande, baisse légèrement pendant que celle de volailles de chair progresse de 4 %. Depuis 2011, la viande de volaille est davantage consommée que le bœuf.

Les consommations de viande bovine, porcine et ovine reculent respectivement de 0,7, 0,8 et 3,1 %. Pour la filière ovine, les chiffres dégringolent nettement moins qu’en 2015 : la baisse frôlait les 5 %. La consommation repose pour plus de la moitié sur les importations. Mais depuis 2010, cette part s’est réduite d’environ 7 points, et de 3 points rien qu’en 2016. « Les importations en provenance du Royaume-Uni, de l’Irlande et de la Nouvelle-Zélande sont en forte baisse en 2016 », constate le ministère. Malgré le recul de la consommation, l’offre intérieure repart à la hausse, dans un contexte de progression des abattages de 2,5 %.

Quatre poulets sur dix importés

La viande de volaille est la seule à avoir gagné du terrain en 2016. Elle atteint son plus haut niveau depuis 1999, avec 1,8 million de tonnes. Le poulet est, de loin, la volaille préférée. « Toutefois, la France reste concurrencée sur son propre marché puisque l’augmentation de la demande intérieure bénéficie aux importations, en hausse de 4 % en 2016, souligne la note Agreste. Sous réserve que l’ensemble des importations de viande de poulet soient consommées en France et non réexpédiées vers d’autres destinations, quatre poulets sur dix consommés en France seraient issus de l’importation, à plus de 80 % sous forme de découpe. »

S’agissant des autres volailles, la dinde reprend des couleurs, avec un bond de la consommation de 4,6 %, mais le canard a largement souffert de l’épisode de grippe aviaire survenu à la fin de 2015.

Augmentation des prix à la consommation

En 2016, les prix à la consommation calculés par l’Insee pour le poste des viandes progressent légèrement, de 0,4 %, pour la deuxième année consécutive. Ceux du bœuf et de la viande ovine s’accroissent au même rythme qu’en 2015. Ceux du porc sont en léger repli, et ceux de la volaille sont stables.

Les chiffres s’inscrivent dans un contexte de cours à la production (Ippap) (1) en repli de 4,9 % sur un an pour les bovins et de 0,6 % pour les volailles, sous l’effet d’une baisse des prix à la production des poulets de chair de 1 %. En revanche, les prix à la production se redressent de 3 % pour les porcs, après des chutes de 7 et 8 % les deux années précédentes.

(1) Indice des prix des produits agricoles à la production.