Tandis que la filière subissait une crise majeure à cause de l’influenza aviaire, les ventes de foie gras ont plutôt bien résisté. Le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) s’en félicite, dans un communiqué daté du 24 janvier 2017, car la bataille n’était pas gagnée d’avance. « Alors que tout était contre nous cette année, notre marché a fait preuve d’une belle résistance en 2016 grâce à la mobilisation de tous les professionnels de la filière, à la confiance et à l’attachement des consommateurs à notre produit, » indique Christophe Barrailh, président du Cifog.

Bien sûr, les mises en place de canards ayant été arrêtées le temps du vide sanitaire, l’offre en matière première s’est réduite. Et pour ne rien arranger, le calendrier des fêtes de fin d’année plaçait les jours de fêtes pendant le weekend, réduisant les jours de journées festives. « Le marché a logiquement reculé en grandes et moyennes surfaces (GMD) de 9,3 % en volume sur l’année, rapporte le Cifog. Il a mieux résisté en valeur ne cédant que 1,9 % par rapport à l’année précédente. » Sur les trois derniers mois de l’année, les tendances sont identiques : –10,4 % en volume et –1 % en valeur.

Des achats toniques dans un contexte critique

En France, 84 % des consommateurs ont déclaré en décembre dernier leur intention de consommer du foie gras pendant les fêtes de fin d’année. Ils étaient 88 % à savoir que l’influenza aviaire s’abattait sur l’Hexagone, et 91 % à déclarer que ce ne serait pas un frein à la consommation tant de foie gras que de volailles festives.

Le Cifog rappelle néanmoins que les professionnels de la filière restent inquiets, et font face à une nouvelle vague d’influenza aviaire. « Après le plan d’éradication du virus H5N1 en 2015-2016 qui a coûté près de 500 millions d’euros, ils doivent aujourd’hui mettre en place un plan de lutte contre le nouveau virus H5N8 dont les coûts sont estimés à date à 120 millions d’euros, indique le Cifog. Ainsi, 1,5 million de canards ont déjà été abattus en quelques semaines et la production est à l’arrêt total dans une partie du Sud-Ouest. La reprise d’activité n’est pas encore identifiée et le vide sanitaire sera probablement de plusieurs semaines. » Une situation qui, de nouveau, devrait provoquer des tensions sur le marché.

Assurer l’avenir de la filière

Le Cifog appelle les pouvoirs publics à soutenir la filière à travers des aides financières d’urgence. En ce sens, le 19 janvier, Stéphane Le Foll détaillait le calendrier des indemnités qui seraient versées aux éleveurs.

D’autre part, le Cifog annonce l’élaboration d’un plan de sécurisation sanitaire renforcé basé sur les enseignements tirés de l’épisode précédent, et tenant compte de la diversité des tailles d’élevage et de structures de production. Ce plan couvre l’ensemble des phases d’élevage des palmipèdes, depuis l’élevage jusqu’au transport des animaux.