En Europe, la collecte laitière a reculé de 3,5 % à la fin de 2016. Tel est le constat dressé par Mélanie Richard, économiste à l’Institut de l’élevage. Et même de 7 % en France. Cette baisse pourrait s’atténuer au printemps, notamment en Irlande et dans l’Hexagone, si les conditions climatiques restent favorables à la pousse de l’herbe.

Les États-Unis dans les starting-blocks

La situation est moins prévisible dans les pays européens avec des systèmes qui demandent beaucoup d’intrants. En revanche, si la collecte recule en Océanie, elle pourrait augmenter aux États-Unis, le troisième exportateur mondial. Toute la hausse n’inonderait pas le marché international, la production américaine étant principalement tirée par sa demande intérieure.

Bilan, le marché mondial des produits laitiers pourrait s’alourdir. « Comme l’Union européenne, les Américains sont friands de matières grasses, mais excédentaires en protéines laitières, rappelle Mélanie Richard. Ils ont donc tendance à placer sur le marché leurs excédents. » La valorisation des commodités laitières ne tire plus le prix du lait à la hausse. « Le cours de la matière grasse a atteint des sommets, tandis que celui des protéines laitières est pénalisé par un marché atone », explique Mélanie Richard.

À la fin de 2016, le prix du lait en Europe s’est redressé légèrement sous l’effet d’une hausse du cours des matières grasses sur le marché mondial. Un sursaut qui s’est traduit modérément en France. « La maîtrise des volumes par les transformateurs avait limité la baisse au tout début de l’année 2016, rappelle Mélanie Richard. Chez nos concurrents européens, ce redressement observé en 2016 commence à marquer le pas. »

Hélène ChaligneJournaliste – Service web