La plus haute juridiction américaine a donc rejeté le recours introduit par des producteurs de foie gras contre une loi interdisant de vendre dans cet État, le plus peuplé du pays, des produits « issus du gavage d’une volaille dans le but d’agrandir son foie ».

Une loi adoptée en 2004

Cette loi, adoptée en 2004 par la Californie au nom de la lutte contre la cruauté faite aux animaux, prévoit une amende de 1 000 $ (875 €) en cas d’infraction. Entrée en vigueur en 2012, elle avait été suspendue par la justice en 2015, puis validée en appel en 2017.

Des producteurs de foie gras du Canada et de New York et un restaurateur californien avaient saisi la Cour suprême en défense de cet aliment « peut-être le plus dénigré au monde ». Ils plaidaient qu’un État ne pouvait pas interdire un produit autorisé au niveau fédéral.

Ils avaient reçu le soutien la France, qui avait estimé que la loi californienne était « une agression sur la tradition française » où ce mets est inscrit au Patrimoine gastronomique et culturel.

Le gouvernement sollicité

Preuve que le dossier était sensible : la Cour suprême avait demandé en juin l’avis du gouvernement. Celui-ci avait jugé que l’interdiction pouvait rester en vigueur, car elle portait sur une méthode de production et non sur un ingrédient.

Lundi, le temple du droit américain a finalement rejeté le recours, ce qui ne nécessite pas de justification. La loi, qui ne pouvait s’appliquer tant que la procédure n’était pas terminée, entre désormais en vigueur.

« Cette victoire pour les animaux fait suite à des efforts importants des militants des droits des animaux pour s’opposer à l’industrie archaïque du foie gras », a réagi l’association Peta, en dénonçant dans un communiqué « un processus de production cruel ».

Les professionnels français mécontents

Mardi matin, ce 8 janvier 2019, les professionnels français du foie gras, réunis au sein du Cifog, ont dénoncé cette décision de la Cour suprême des États-Unis d’Amérique dans un communiqué de presse.

« Il est inacceptable qu’une telle décision, prise sous l’influence du lobbying de quelques activistes orchestrant une désinformation régulière de notre production pour prôner le végétarisme par dogmatisme, puisse mettre en danger l’image d’un mets emblématique », lance Michel Fruchet, le président du Cifog.

« Cette décision californienne, rappelle l’interdiction de commercialisation du foie gras qu’avait tenté Chicago il y a plusieurs années et que la ville américaine avait dû annuler deux ans plus tard face à la résistance des restaurateurs et des consommateurs locaux », ajoute-t-il.

Respecter « la liberté de choix du consommateur »

Les professionnels français en « appellent au respect de la liberté de choix du consommateur. Ce jugement intervient après une longue lutte judiciaire, alors qu’en 2015, un juge fédéral avait annulé cette interdiction, estimant qu’elle interférait avec la législation commerciale. »

Le Cifog rapelle que la France représente environ 70 % de la production mondiale de foie gras et exporte en moyenne chaque année près de 5 000 tonnes dans le monde entier pour un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros.

E.R., avec l’AFP