Le 3 août dernier, le ministère de l’Agriculture dévoilait les présidents des 14 ateliers qui se tiendront de fin août à fin novembre dans le cadre des États généraux de l’alimentation (EGA). Alors que le casting a été contesté par les organisations syndicales agricoles, Sunlait dénonce à son tour, dans un communiqué daté du 10 août 2017, « la main mise des politiques, des industriels et de la distribution sur l’avenir des éleveurs laitiers ».

Deux ateliers dans le collimateur

Selon l’AOP, deux ateliers « concernent directement l’avenir des éleveurs laitiers » :

  • L’atelier 5, intitulé « Rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs », coprésidé par François Eyraud, directeur général de « Produits frais Danone » et Serge Papin, président directeur général de Système U.
  • L’atelier 7, intitulé « Améliorer les relations commerciales et contractuelles entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs », présidé par Guy Canivet, ancien premier président de la Cour de cassation, ancien membre du Conseil constitutionnel.

« La question de la rémunération des éleveurs se voit confiée à ceux qui se renvoient la balle quant à leur responsabilité dans l’appauvrissement du maillon de la production laitière », commente Sunlait. Avant de préciser que « l’évolution des relations contractuelles entre producteurs, transformateurs et distributeurs ne peut se faire sans l’un de ces acteurs. La présence des éleveurs laitiers est indispensable. »

« Pas d’invitation pour le moment »

Alors que la présidence des ateliers est d’ores et déjà définie, il reste la question des participants. « Nous ne savons pas comment seront constitués les ateliers, commente Denis Berranger, président de Sunlait. Une quarantaine de personnes sont normalement prévues par atelier. Pour l’heure, nous n’avons pas reçu d’invitation, mais nous espérons une meilleure représentativité du maillon production. »

Si les éleveurs semblent jusqu’alors les grands oubliés de ces États-généraux, ils comptent malgré tout participer aux débats. « Nous mobilisons nos producteurs pour contribuer sur le site internet, affirme Denis Berranger. Nous travaillons également sur des propositions écrites. Courant septembre, nous organiserons des ateliers sur le terrain avec les producteurs, pour faire remonter nos attentes ».

V. Gu.