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Passer à l’offensive !

Controverses sur l’élevage
 - Passer à l’offensive !
© Laurent Fabry

Face aux attaques parfois violentes contre l’existence même de l’activité d’élevage, les filières se penchent désormais sur l’étude des controverses, afin de trouver des parades, voire d’être plus offensif dans la défense de l’élevage.

« Les éleveurs expriment aujourd’hui leur fierté d’être éleveurs, mais aussi leur inquiétude face aux controverses montantes autour de leur métier, qui remet en cause leur légitimité même, a rappelé Marie-Gabrielle Miossec, journaliste à La France agricole (1), en préambule d’une conférence sur le sujet, organisée le 14 septembre au Space (Rennes). Ce débat a surgi dans l’espace public au début des années 2010. Auparavant, il y avait des critiques sur le mode d’élevage, mais pas sur son existence même. »

Les éleveurs se trouvent donc dépourvus face à ces attaques, qui s’expriment de façon parfois très violente. Au point que les instituts techniques de l’élevage (Idele, Ifip et Itavi) ont lancé le projet Accept (2014-2017), qui ambitionne d’apporter des connaissances scientifiques nouvelles sur ces mouvements de société (2).

« Dans ce projet, nous parlions initialement “d’acceptabilité sociale”, avec l’objectif de rechercher des solutions pour des pratiques acceptables, explique Christine Roguet, de l’Ifip, qui participe à ce projet. Mais cela occultait les remises en cause plus larges de l’élevage, et plus gênantes, et aboutissait à des solutions limitées et insatisfaisantes. Or, les débats dominants portent sur la définition de modèles d’élevage. Nous avons donc décidé d’aller sur les controverses, pour analyser l’ensemble des débats et en comprendre les enjeux, afin de définir une stratégie. De passer en position offensive. »

« Nous n’avons rien à cacher, et même quelque chose à montrer »

« Les filières d’élevage se trouvent aujourd’hui dans une position défensive. Nous devons nous ouvrir à la société, savoir comment répondre », conseille Christine Roguet. Ce qui veut dire changer la façon de communiquer avec les consommateurs. « Les éleveurs doivent passer de la transparence à la mise en visibilité : nous n’avons rien à cacher, et même quelque chose à montrer. Nous devons aussi passer de la communication – descendante – au dialogue et à la concertation, avec une ouverture aux associations, aux riverains, aux voisins… – un élément déterminant pour éviter les conflits. » Or, la France n’est pas vraiment en avance, si on la compare à ses voisins du Nord…

« Mais cette approche ne suffira pas, souligne-t-elle. Il faudra faire évoluer les pratiques les plus contestées, pour trouver de nouveaux consensus acceptés par la société. » La filière des poules pondeuses l’a vécu récemment, avec les cages. Mais elle n’est pas la seule. La filière porcine est particulièrement concernée, avec la castration à vif, la caudectomie ou les conditions d’élevage. L’élevage intensif est la cible principale, car il cumule les désaccords éthiques (en matière d’environnement, de bien-être animal ou de conditions de travail) et économiques (ne faisant plus vivre les éleveurs, même en produisant davantage en volume).

Deux adversaires face à face

Deux adversaires sont donc face à face – le monde de l’élevage contre les associations – qui cherchent chacun à rallier le public. Mais qui sont ces adversaires ? Marie-Gabrielle Miossec en a dressé un panorama (lire l’encadré). D’un côté les welfaristes, avec qui un dialogue est possible et déjà entamé par la profession. De l’autre, deux associations abolitionnistes (ou antispécistes) désormais redoutées des éleveurs, L214 et 269 Libération animale, avec qui tout compromis semble impossible. Il faudra trouver des rapprochements avec les associations welfaristes, mais aussi au sein même du monde de l’élevage, où se rencontrent des positionnements différents, selon les productions (ruminants/monogastriques), et également au sein des filières, entre anciens et plus jeunes.

Pour autant, « le grand soir n’est pas pour demain », veut rassurer Christine Roguet, qui met en avant la « grande diversité des attentes de la part de la société, mais aussi des modes d’élevage ».

Quelques définitions

Les associations dites de défense des animaux n’ont pas toutes les mêmes objectifs.

Les welfaristes militent pour obtenir des améliorations des conditions de vie des animaux, sans réclamer pour autant la fin de l’élevage. Parmi ces associations : Welfarm, OABA, CIWF…

Les abolitionnistes veulent mettre fin au statut de propriété des animaux « non humains » et à leur utilisation par l’homme. Ils veulent stopper toute exploitation des animaux, donc tout élevage. Ils ne cherchent pas forcément à améliorer leur situation. Les deux associations actives en France sont L214 et 269 LA. Ses membres sont antispécistes.

Les antispécistes considèrent qu’il y a un continuum entre toutes les espèces. Ils réclament une égalité de considération des intérêts propres à chaque individu de chaque espèce : vouloir vivre libres, ne pas souffrir, disposer à leur guise de leur corps et de leur existence… Par opposition, ils désignent du terme de « spécistes » ceux qui établissent une frontière entre humains et animaux non humains.

Les végans ne mangent aucun aliment issu des animaux (viande, produits laitiers, miel, œuf…) et refusent tout produit issu des animaux (cuir, laine, soie…). Ils ne montent pas à cheval, refusent les cirques avec les animaux, les delphinariums et bien sûr la corrida et la chasse.

Source : Hors-série « Réponses à ceux qui veulent abolir l’élevage », Éditions France Agricole, op. cit.

E.C.

(1) Auteure du hors-série « Réponses à ceux qui veulent abolir l’élevage », édité par La France agricole ; 9,90 € (frais de port offert). En vente sur le site internet www.abonnements-gfa.com/relation-homme-animal.

(2) Voir le site internet accept.ifip.asso.fr.

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