« Pour Fleury Michon, les positions de l’interprofession ne sont plus en adéquation avec les ambitions du groupe qui milite pour une alimentation saine et durable », indique l’entreprise, qui annonce dans un communiqué qu’il « se retire de la Fédération des industries charcutières, traiteurs et transformatrices (Fict) ».

« Très engagé » dans la montée en gamme

« On est très volontariste, très engagé » dans la montée en gamme, déclare Nicolas Ouziel, directeur général du développement et représentant jusqu’à ce jour de Fleury-Michon à la Fict. « On se sent aujourd’hui freiné dans ces ambitions-là par une interprofession qui se doit de satisfaire tout le monde et du coup freine les plus ardents. »

« La filière porcine française doit trouver une voie de sortie par le haut en misant sur la qualité, car c’est ce que les consommateurs attendent », souligne Régis Lebrun, directeur général du groupe cité dans le communiqué. Fleury Michon appelle les acteurs de l’amont à l’aval, « à se mobiliser et se rassembler, pour faire progresser le manger mieux et le rendre accessible », convaincu « qu’il est aujourd’hui nécessaire de dépasser les clivages et d’accélérer en déployant de nouvelles alliances. »

Une « certaine tristesse »

La « goutte d’eau » pour le groupe a été la prise de position publique de la Fict contre le Nutri-Score, étiquetage nutritionnel choisi par la France pour mieux informer les consommateurs, un dispositif soutenu par Fleury-Michon, « adhérent important de la Fict », rappelle David Garbous, directeur de la stratégie et de l’innovation de Fleury-Michon.

Bernard Vallat, président de la Fict, a fait part d’une « certaine tristesse » au sujet de cette décision d’un groupe faisant partie depuis 40 ans de la fédération. À propos du Nutri-Score, il a expliqué que ses adhérents étaient très majoritairement opposés à un dispositif délivrant une information « un petit peu caricaturale », destinée à un public qui ne lit pas les étiquettes.

Il a notamment fait valoir que le Nutri-Score ne prenait pas en compte les efforts consentis ces dernières années par la profession pour réduire le sel dans ses produits.

AFP