Après l’Italie, l’Algérie est bon client pour les broutards français. Les exportations sont toniques depuis 2016, et restent bien orientées malgré une concurrence grandissante. Il est cependant un nouveau marché qui intéresse les opérateurs français : celui d’Israël, ouvert depuis la mi-février aux sujets d’engraissement âgés de moins d’un an.

Selon Germain Milet, économiste à l’Institut de l’élevage, Israël est un marché solvable, avec un fort pouvoir d’achat. L’appétit des Israéliens pour la viande est développé. Ses 8,5 millions d’habitants sont le quatrième consommateur de viande, et septième de bœuf, dans le monde.

Quelque 80 % de la population sont de confession juive. Leur demande est plutôt orientée vers des carcasses un peu plus lourdes que ce que nous exportons habituellement vers le pourtour méditerranéen. Le reste est une population arabe, dont les besoins sont les mêmes que chez nos habituels clients d’Algérie ou du Liban.

Les charolais recherchés

L’Institut de l’élevage estime que 200 000 bovins ont été importés par Israël en 2016, dont 100 000 en provenance de l’Europe, essentiellement du Portugal et de la Roumanie. Mais les besoins évoluent : les éleveurs israéliens cherchent des bovins avec un bon potentiel de croissance et s’orientent de plus en plus vers les charolais français vaccinés contre la FCO.

Germain Milet rappelle qu’Israël est un marché très protégé, avec des droits de douane importants sur la viande comme sur les animaux vivants. Les services vétérinaires sont aussi très exigeants quant au statut sanitaire de ses fournisseurs. La moindre menace de maladie pourrait clore les frontières du jour au lendemain.

Hélène ChaligneJournaliste – Service web