Le ministre de l’Agriculture a rencontré mercredi les fondations et associations de protection animales « représentatives » (CIWF, Welfarm, 30 millions d’amis, etc. mais pas L214) et il leur a rappelé « que les éleveurs français sont bien les premiers acteurs du bien-être car ils aiment leurs animaux, et la compétitivité économique de leurs exploitations, et donc de leurs filières agroalimentaires, en dépendent ».

« Des attentes sociétales fortes »

Le ministre a présenté les grandes lignes du plan d’action sur le dossier du bien-être animal et de la lutte contre la maltraitance animale. Il a aussi indiqué « avoir pleinement conscience des attentes sociétales fortes pour une meilleure prise en compte de la sensibilité des animaux d’élevage », ajoutant que « cette attente des citoyens et consommateurs, les éleveurs français l’avaient parfaitement intégrée et qu’à ce titre, de nombreux travaux de recherche et d’innovation étaient d’ores et déjà engagés par les filières pour faire encore évoluer certaines pratiques d’élevage ».

Ces évolutions de pratiques constituent d’ailleurs l’un des axes forts du plan d’action prioritaire en faveur du bien-être animal établi pour la période de 2016 à 2020, souligne le ministre dans son communiqué.

Conditions d’abattage

Pour les ONG de la protection animale, il faudra que les moyens suivent les ambitions. Dans un communiqué publié dans la foulée de celui du ministre, les ONG regrettent « le désengagement financier et humain des services de l’État sur le terrain depuis plusieurs années ». Elles signalent aussi être « de plus en plus appelées à pallier la carence publique et à remplir des missions de service public, sans les financements qui sont censés les accompagner ».

L’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir (OABA) indique qu’elle a interpellé le ministre sur les conditions d’abattage, notamment sur la nécessité de faire évoluer certaines méthodes d’étourdissement. Mais le ministre « s’est bien gardé d’annoncer la moindre mesure en faveur d’une évolution des pratiques », regrette l’OABA, même s’il a reconnu que la question de l’abattage sans insensibilisation restait « une vraie question » selon son expression, indique le communiqué.

M.-F. M.