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Les cages à lapins en sursis

Bien-être animal
 - Les cages à lapins en sursis
© C. Watier

Le 14 mars 2017, les eurodéputés ont voté une résolution appelant les États membres à « encourager les éleveurs de lapins à éliminer les cages pour les remplacer par des alternatives plus saines mais abordables, comme l’élevage en parcs ».

Ils ont été 410 à approuver la résolution non contraignante (205 contre, 59 abstentions) demandant aux pays d’instaurer graduellement l’élimination des cages conventionnelles. « Outre des questions de bien-être animal, il s’agit, en améliorant les conditions de vie des lapins, de réduire l’usage intensif d’antibiotiques et susceptibles d’entrer dans la chaîne alimentaire humaine », explique un communiqué de presse du Parlement.

Définir des normes minimales

Les députés proposent de définir des normes minimales sur le bien-être, la santé et le logement de l’élevage cunicole. Pour cela, il conviendrait que les États membres encouragent la recherche et l’investissement sur le sujet.

Pour autant, le Parlement appelle à « tenir compte des contraintes économiques des éleveurs », par la voix de son rapporteur, l’Allemand Stefan Eck. « Il y a une chute de la consommation de viande de lapin, car les consommateurs demandent des normes plus exigeantes en matière de bien-être et de santé. »

Il faut trouver un juste équilibre entre le bien-être animal, la situation financière des éleveurs et une viande abordable pour les consommateurs. Pour cela, les États membres devraient soutenir financièrement la filière en faisant la promotion de la consommation de viande de lapin. Ils pourraient aussi utiliser les fonds européens de développement rural pour aider les éleveurs optant pour une production alternative.

La filière travaille à un nouveau modèle

Réagissant au vote, l’interprofession française du lapin (Clipp) souligne que « la filière travaille de manière continue sur le bien-être animal » afin de « faire émerger un nouveau modèle » d’élevage « partagé par tous », éleveurs et citoyens. En particulier, « une méthode d’évaluation a été mise au point par l’Itavi pour permettre à l’éleveur de mesurer à l’aide d’indicateurs le bien-être de ses animaux », afin de sensibiliser les éleveurs aux bonnes pratiques.

Le Clipp souligne que des éleveurs ont d’ores et déjà adopté des logements alternatifs, tels des cages aménagées avec plateforme ou des parcs sans plafond. Néanmoins, aucun « ne s’est risqué à adopter l’élevage de lapins en groupe pour des raisons de risque élevé de blessures sur les animaux ».

« Alors que le secteur cunicole fait face en Europe à une crise structurelle, avec la baisse tendancielle des prix, ce rapport fait la promotion d’une agriculture de niche et de modèles d’élevage alternatif qui n’ont malheureusement pas encore fait leurs preuves […], déplore Michel Dantin, eurodéputé français. Le risque est de faire disparaître notre production en Europe et dépendre exclusivement des importations chinoises dont les standards ne sont pas nécessairement les nôtres. »

Le député français qualifie le rapport adopté ce 14 mars de « très idéologique, comportant des erreurs factuelles. Je doute que la Commission européenne propose à court terme une législation sur le sujet. Je pense enfin qu’il faut surtout ne pas opposer les modèles d’élevage et augmenter le financement de la recherche pour aider la filière cunicole à développer des cages aménagées ou des parcs collectifs qui sont économiquement viables et satisfaisants en matière de bien-être et de santé animale. »

« Un succès monumental pour les lapins »

De son côté, l’association de protection des animaux de ferme CIWF s’est félicitée dans un communiqué de ce « succès monumental pour les lapins », rappelant que 99 % des lapins sont élevés en cages en Europe. Elle rappelle qu’en France, elle travaille avec Terrena.

Cette coopérative « s’est engagée à ce que ses producteurs remplacent progressivement leurs cages par un système d’élevage en parcs, spécifiquement développé par la coopérative pour tenir pleinement compte du bien-être animal (pour sa marque La Nouvelle Agriculture). »

En chiffres

Chaque année, 340 millions de lapins sont abattus dans l’Union européenne (UE). Pour autant, cela représente moins de 1 % de la production totale de viande. L’UE est le premier producteur mondial de lapins, tandis que la Chine est le premier exportateur. 99 % des importations européennes proviennent de ce pays.

E.C.
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