Une vidéo filmée l’an dernier à bord du cargo battant pavillon panaméen Awassi Express au cours de cinq voyages entre l’Australie, le Qatar, le Koweït et Oman pousse l’Australie à réagir quant aux conditions de transport des animaux. Les images avaient été diffusées en avril par l’association Animals Australia. Elles montraient des animaux entassés dans des enclos, agonisant dans leurs excréments et peinant à respirer dans des réduits mal ventilés et trop chauds du bateau embarquant plus de 50 000 moutons vivants.

Le 17 mai 2018, après une enquête de ses services, le ministre australien de l’Agriculture David Littleproud a qualifié ces images de « scandaleuses », mais n’a pas suivi les ONG demandant un moratoire. « Il n’y aura pas d’interdiction du transport de moutons vivants vers le Proche-Orient cet été », déclare-t-il. « Cependant, après cette enquête, nous allons prendre des mesures importantes pour changer les pratiques du secteur. »

Davantage d’espace

Les exportateurs seront désormais tenus d’augmenter l’espace disponible pour les animaux, qui se verront accorder jusqu’à 39 % de place supplémentaire, selon un barème dépendant des variations saisonnières de température. Des observateurs indépendants voyageront en outre à bord de tous les bateaux embarquant du bétail. Les violations des nouvelles règles seront assorties d’amendes allant jusqu’à 4,2 millions de dollars australiens, et les responsables des entreprises en infraction seront passibles de peines allant jusqu’à dix ans de prison.

Toutefois, ces mesures proposées par le gouvernement ne suffisent pas à contenter les organisations engagées dans la défense de la cause animale. Ces dernières, plus tranchées, exigent une suspension de tous les voyages à destination du Proche-Orient cet été. Ce ne serait d’ailleurs pas la première fois, puisqu’en 2013, l’Australie avait arrêté pendant plusieurs mois ses exportations d’animaux vivants à destination de l’Égypte, après la diffusion de vidéos montrant des mauvais traitements infligés aux vaches.