Les membres du Collectif Plein Air, créé en 2013 et réunissant une trentaine d’associations militant en faveur de systèmes d’élevage extensifs, et soucieux du bien-être animal et de l’environnement, se sont réunis en Bretagne, samedi 25 mars. Et le choix de la localité ne s’est pas fait au hasard : dans la commune de Landunvez (Finistère), une exploitation aurait reçu l’autorisation de produire plus de 26 000 porcs par an. Le Collectif Plein Air rappelle qu’à quelques centaines de mètres de là s’étend le parc naturel marin d’Iroise, en zone Natura 2000.

Pas de hasard non plus sur le calendrier : le congrès de la FNSEA débutera ce mardi 28 mars, en Bretagne aussi. Et c’est bien le syndicat majoritaire que le Collectif Plein Air souhaite secouer, à travers une lettre ouverte adressée à Christiane Lambert, présidente du syndicat, et à ses adhérents.

« Nous comprenons vos difficultés »

« Nous comprenons vos difficultés », écrit le collectif, conscient notamment de « la pression sur les prix », de la complexité administrative », de « la diminution du nombre des agriculteurs » et du « malaise moral ». Il exige du syndicat majoritaire qu’il arrête sa « course folle » aux « fermes usines », qui vont « inéluctablement impacter notre environnement ».

Les associations fustigent notamment « la course aux volumes et à la baisse des coûts de production, la surproduction qui génère les crises, l’élimination des “moins bons”, le dumping environnemental et social, la détresse des animaux ». Selon les militants, la solution se trouve dans une politique de prix qui rémunérerait les éleveurs ayant moins d’animaux, en plein air, biologiques et extensifs, adaptés au territoire. »

« Absurdité des aides agricoles »

Interrogée par l’AFP, Anne Vonesch, vice-présidente du collectif, dénonce « l’absurdité des aides agricoles » : tandis que les unes promeuvent l’agriculture biologique, d’autres subventionnent « le développement d’élevages conventionnels », et d’autres encore « indemnisent du lait qui n’est pas produit », épingle-t-elle.

Quant à Cécile Claveirole, de l’association France Nature Environnement, elle relève pour sa part « la position difficile à comprendre » de la FNSEA, qui défend l’agriculture intensive alors que « la grande majorité des agriculteurs a tout à perdre à défendre ce modèle industriel ».

Hélène Chaligne, avec l’AFPJournaliste – Service web