C’est à une heure de grande écoute dans l’émission « Quotidien » sur TMC, que L214 a choisi de diffuser sa nouvelle « enquête » hier soir, le 6 septembre 2017. Des images tournées, ou volées, en janvier, février et mai 2017 dans un élevage vendéen et à l’abattoir du groupe Doux situé à Chantonnay. La recette ne change pas. Comme elle l’avait fait avec Panzani et ses pâtes ou Hénaff et ses pâtés, l’association de protection animale attaque Père Dodu, la marque phare du groupe Doux.

Une méthode bien rodée

Comme à son habitude, l’association a trouvé une voix, celle d’une humoriste qui parle aux poulets, pour relayer son message et proposer aux spectateurs de signer une pétition contre l’élevage et devenir adepte du véganisme. Cette pétition est adressée aux ministres de l’Agriculture, Stéphane Travert, et de la Transition écologique, Nicolas Hulot. Son objet : « exiger la fin de l’élevage à croissance rapide des poulets ».

Pourquoi diffuser cette vidéo maintenant ? Faut-il y voir un lien avec le procès de deux militants de L214 au début de la semaine ? Visiblement non. « La sortie de ces nouvelles images coïncide avec la mise en place des premiers ateliers des États-généraux de l’alimentation, dont un des objectifs consiste justement à proposer des pistes pour “accompagner la transformation des modèles de production pour mieux répondre aux attentes des consommateurs” », justifie l’association.

« Le pouvoir entre les mains des consommateurs »

L’élevage en question est présenté comme travaillant en contrat pour Doux. Une militante s’est faite engager dans l’abattoir pour tourner des images. L’attaque contre le modèle de production est directe. « C’est une course infernale qui n’a pas de limites », lance Sébastien Arsac, le porte-parole de L214. Avant d’ajouter que « le pouvoir est entre les mains des consommateurs et que la végétalisation de nos assiettes reste le moyen le plus sûr d’épargner de telles souffrances aux animaux ».

Dans un communiqué diffusé le 6 septembre 2017, le groupe volailler assure que ces images « ne reflètent en aucune façon les pratiques définies par Doux et appliquées par ses 300 éleveurs partenaires, notamment dans sa prise en compte du bien-être animal. Pour autant, et afin de répondre aux interrogations légitimes suscitées par ce reportage, nous attendons d’en savoir plus sur l’élevage concerné afin de diligenter une enquête interne pour vérifier l’état de l’élevage sur place, comprendre ce qui a pu se passer et prendre les mesures nécessaires le cas échéant. »

E.R.