« Depuis l’automne, nous enregistrons une chute moyenne de la production de 2 à 3 kg de lait par vache et par jour, soit jusqu’à 500 l sur une lactation, explique Bibiane Beaumont, directrice de Conseil élevage 63. L’ouest et l’est du Puy-de-Dôme, bien que montagneux, ont été affectés par une absence totale de pluie de début juillet à fin octobre 2018. »
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« Depuis l’automne, nous enregistrons une chute moyenne de la production de 2 à 3 kg de lait par vache et par jour, soit jusqu’à 500 l sur une lactation, explique Bibiane Beaumont, directrice de Conseil élevage 63. L’ouest et l’est du Puy-de-Dôme, bien que montagneux, ont été affectés par une absence totale de pluie de début juillet à fin octobre 2018. »

Pénurie d’eau et fortes chaleurs

« Les conséquences de cette pénurie en eau, doublée de fortes chaleurs, influent aussi sur la reproduction, poursuit-elle. Depuis septembre, les naissances ont chuté de 4 % par rapport à l’année précédente et la mortalité néonatale a augmenté pour atteindre 12,8 % sur la période automnale. »

Pour les éleveurs, cette baisse de productivité, conjuguée à des achats de fourrages ou d’aliments, représente une double peine dont les effets sont douloureux sur les trésoreries. Christian Agay, qui élève soixante brunes et prim’holsteins, à Bourg-Lastic, a perdu 2 kg de lait par vache et par jour, 2 points de TB et 1,5 point de TP, du 15 juillet à début septembre.

Des « pics de lactation écrêtés »

« Les pics de lactation sont écrêtés, décrit Christian. La perte totale de lait sera de 30 000 l sur l’ensemble de la campagne, explique-t-il. Les vaches ont souffert de la chaleur, au point de ne pas sortir. Plusieurs ont eu des problèmes de délivrance et de fertilité. J’ai distribué une ration complète à partir du 10 août au lieu de début octobre. »

« Et j’ai dû acheter pour 25 000 € de luzerne, de maïs plante entière, de paille et de foin pour compenser les pertes de fourrages et d’herbe, compte-t-il. J’ai aussi vendu précocement, en août, des réformes et des bœufs non finis. »

Saint-nectaire pénalisé

Pour Nicolas Dumont, associé du Gaec du Bertinet, implanté à Saint-Donat à 1 070 mètres d’altitude, les achats extérieurs ont porté sur 78 t de foin de luzerne pour compenser les 70 t de regain non récoltées sur l’exploitation.

« Comme nous fabriquons du saint-nectaire fermier AOP vendu en direct, nous avons choisi de ne pas acheter d’autres aliments par respect pour l’AOP et nos clients, estime Nicolas. Depuis septembre, le volume de lait chute, en moyenne, de 6 000 l par mois sur les 25 000 l habituellement produits. »

« Cela représente un manque de fabrication de quatre cent cinquante fromages par mois, décrit Nicolas. Les vaches qui ont vêlé à l’automne se sont décalées dans leur reproduction. Nous espérons une année meilleure et ne plus connaître le stress de quatre mois sans pluie. »

Monique Roque