Repérer les innovations technologiques utiles aux agriculteurs et les faire évoluer pour en faire profiter le plus grand nombre. Voila la mission que s’est fixée Arvalis - Institut du végétal avec son projet DigiFermes. Construit en partenariat avec l’Idele (Institut de l’élevage), l’ITB (Institut technique de la betterave), et Terres Inovia, le dispositif DigiFermes mettra en œuvre les outils et services connectés en conditions réelles sur deux fermes d’essai d’Arvalis.

Le premier site retenu est la ferme de Boigneville (Essonne) et ses 130 ha de SAU, dont une partie en bio et une autre en semis sous couvert. Les technologies numériques seront testées dans ces deux systèmes, ainsi que dans les parcelles répondant à une problématique plus régionale avec notamment des difficultés de désherbage.

Le second site retenu est la station de Saint-Hilaire-en-Woëvre (Meurthe-et-Moselle), une ferme de polycuture-élevage où la SAU de 130 ha comprend 60 ha de prairies. L’exploitation compte 55 vaches charolaises et 170 places en engraissement. Ce site évaluera notamment les solutions de gestion des pâturages.

Viser le « zéro papier »

Le premier axe de travail est la simplification de la collecte des données avec pour objectif de remplacer à terme tous les enregistrements papier, et de limiter toutes les opérations chronophages qui n’ont pas de réelle valeur ajoutée. À cet effet, Arvalis va tester des lunettes connectées développées avec Adventiel. Ces dernières permettent aussi bien d’enregistrer le poids d’un animal avec la voix que de repérer des adventices dans une parcelle et de les identifier.

Le second axe de travail concerne l’utilisation des capteurs et objets connectés au champ (état hydrique des sols), et sur les animaux (détecteurs de vêlage, thermosonde…). Arvalis se chargera d’évaluer l’intérêt des capteurs et leur fiabilité, puis s’attachera à étudier la transmission des données vers un espace de stockage privé via des réseaux à bas débit (LoRa).

Un troisième projet, développé en partenariat avec Sencrop, vise à tester la fiabilité des stations agrométéorologiques développées par cette start-up et à développer l’utilisation de ces données sur les outils d’aide à la décision (OAD) d’Arvalis, dont Mileos, l’application de surveillance du mildiou de la pomme de terre.

Continuer l’évaluation de technologies récentes

Parmi les autres axes de travail, on peut retenir la poursuite de l’évaluation de technologies récentes comme la coupure de section par GPS, l’imagerie aérienne ou l’irrigation pilotée et l’étude des performances du robot de désherbage mécanique OZ.

Afin de boucler totalement la boucle du numérique, Arvalis participe aussi aux services collaboratifs entre agriculteurs et propose une vingtaine de matériels à la location sur WeFarmUp. Il est enfin possible de suivre les travaux réalisés sur les DigiFermes sur Twitter (@digifermes) et Facebook (www.facebook.com/digifermes/?ref=ts).

C. Le Gall