A deux jours de la publication officielle des résultats des élections aux chambres d'agriculture, des militants de la Confédération paysanne, principalement languedociens, ont publié une déclaration pour affirmer leur opposition à certaines alliances départementales entre leur syndicat et la Coordination rurale.

« Nous [...] déclarons publiquement que nous ne reconnaissons aucun partenaire dans les listes électorales pour les chambres d'agriculture associant une organisation agricole comme la Coordination rurale », affirment-ils.

Trois départements sont visés par l'invective : l'Ain, la Haute-Saône et le Puy-de-Dôme. Sur le terrain, les motivations de ces listes communes sont avant tout comptables. Dans le Puy-de-Dôme, par exemple, le tandem FNSEA-JA avait obtenu lors des élections de 2007 un score de 47,70 %. Face à lui, la Confédération paysanne et la Coordination rurale (CR) avaient obtenus respectivement 16,50 % et 35,79 % des voix, soit la majorité s'ils avaient fait liste commune.

« Politique xénophobe »

Au niveau national, on souligne d'un côté comme de l'autre que les équipes locales sont libres de leurs mouvements. Mais pour les signataires de cette tribune, ces alliances sont contrenature : « Nous voulons rappeler que la Coordination rurale, syndicat issu pour partie de la cuisse droite de la FNSEA, abrite en son sein de nombreux membres d'organisations et d'associations partisans d'une politique encore plus excluante et toujours xénophobe. »

  

Interrogé dans La France Agricole du 14 décembre 2013 sur l'image de syndicat d'extrême droite qui colle à la peau de son organisation, Bernard Lannes, président de la CR, parlait alors de « pure invention ». Selon lui, « il n'y a pas plus de sympathisants FN chez nous qu'à la FNSEA. Notre position est claire : nous sommes apolitiques ».

L'éventuelle victoire de l'une ou l'autre de ces listes départementales promet de vives tensions, autant dans les équipes locales que dans les bureaux nationaux. Nicolas Duntze, militant de la Confédération paysanne du Gard à l'origine de la déclaration, l'assure : « Nous n'avons pas voulu semer le trouble pendant la campagne, mais notre action aujourd'hui est révélatrice d'un débat nécessaire qui n'a pas eu lieu assez profondément sur les orientations politiques de notre syndicat. »

Alain Cardinaux