Nicolas Sarkozy, candidat UMP à l'élection présidentielle, a affirmé qu'il voulait « changer les règles » de l'organisation mondiale du commerce (OMC), vendredi au salon de l'agriculture.

Lors d'un entretien avec Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA, M. Sarkozy a affirmé : « Je veux qu'on change les règles de l'OMC ».

Un peu plus tôt, interpellé par des jeunes agriculteurs qui lui disaient qu'il fallait sortir de l'OMC, le candidat avait répliqué : « il ne faut pas (en) sortir » mais « il faut négocier de manière différente ».

Selon M. Sarkozy, qui a passé plus de quatre heures à la Porte de Versailles, « un chef de l'Etat doit avoir une vision pour l'agriculture. L'agriculture française ne peut pas être réduite à la seule question de la ruralité » et elle « doit rester un métier de production ».

« Je veux également une agriculture européenne qui bénéficie de la préférence communautaire », a-t-il déclaré. « Cela veut dire que je n'accepte pas qu'on fasse entrer sur le marché européen des produits agricoles qui ne répondent pas aux normes sanitaires qui sont celles qu'on impose à nos agriculteurs et à nos éleveurs », a-t-il expliqué.

Nicolas Sarkozy a également estimé que « ce n'est pas aux commissaires européens d'aller négocier à l'OMC. C'est au président (de la commission) de négocier et à personne d'autre ».

A l'OMC, « je veux la réciprocité et je ne veux pas qu'on m'explique que ce que font les Américains, nous, on n'aurait pas le droit de le faire ».

« Qui demande le démantèlement de l'agriculture européenne ? Les fermiers américains, soutenus par l'administration américaine », a-t-il affirmé. « Je ne renoncerai pas à défendre nos intérêts parce que ces intérêts-là sont vitaux, a-t-il dit.

Dans une allusion à François Bayrou, candidat UDF à la présidentielle et éleveur de chevaux dans les Pyrénées-Atlantiques, qui se rapproche de lui dans les sondages, M. Sarkozy s'est exclamé : « Il ne suffit pas d'être paysan pour parler aux paysans. Il faut simplement avoir les mêmes valeurs. Les valeurs du monde paysan, c'est le travail, le mérite, l'effort, la récompense. Ca tombe bien, ce sont les miennes ».