« La situation avec la société Richardson me préoccupe grandement », a déclaré la cheffe de la diplomatie canadienne, Chrystia Freeland, lors d’une conférence de presse à Montréal.

Le gouvernement canadien « pense que cette mesure n’est soutenue par aucune explication scientifique », a-t-elle indiqué.

Richardson, basé à Winnipeg (dans la province de Manitoba), a été avisé vendredi dernier par le gouvernement canadien que son permis d’importer en Chine avait été révoqué par les autorités de Pékin, a indiqué son vice-président, Jean-Marc Ruest, au quotidien National Post.

« Je pense que nous sommes pris au milieu d’un conflit bien plus grand (et) qu’en tant qu’importante entreprise canadienne, Richardson peut constituer une cible intéressante », a-t-il fait valoir.

Affaire Huawei

Le Canada a exporté plus de cinq milliards de dollars de colza (3,3 milliards d’euros) en 2018 et près de la moitié de ces oléagineux ont été livrés en Chine, selon les chiffres des agriculteurs canadiens.

Les tensions entre la Chine et le Canada ont été ravivées par le lancement vendredi dernier par la justice canadienne de la procédure d’extradition contre la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou. Pékin a qualifié cette décision « d’incident politique grave ».

L’arrestation le 1er décembre à Vancouver de Mme Meng, accusée par les États-Unis d’avoir contourné les sanctions américaines sur l’Iran, a été suivie par l’interpellation par la Chine de deux Canadiens, soupçonnés d’espionnage. Pékin assure que ces deux affaires ne sont pas liées.

Mme Meng doit comparaître mercredi devant un juge de Vancouver, qui fixera « une date pour l’audience en matière d’extradition », avait indiqué vendredi dernier le ministère canadien de la Justice.

« Des insectes dangereux »

La Chine a invoqué mercredi « des insectes dangereux » pour justifier son interdiction du colza canadien. « Les douanes chinoises ont récemment détecté des insectes dangereux dans des graines de colza importées du Canada », a déclaré devant la presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lu Kang. « Les graines de colza exportées par une entreprise posaient particulièrement problème, entraînant une mise en quarantaine » des stocks, a-t-il ajouté.

La suspension des importations a été décidée afin de réduire « une menace grave pour l’agriculture et l’environnement ». Il s’agit d’une décision « parfaitement raisonnable et légale », a-t-il estimé. « Comme n’importe quel pays, le gouvernement chinois doit aussi protéger la santé et la sécurité de ses citoyens », a justifié le porte-parole.

AFP
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Le colza européen en hausse

Les prix du colza évoluaient à la hausse jeudi, sachant que les marchés futurs sont clos ce vendredi et lundi sur Euronext.