Incident qualifié de « grave » par le BEA (Bureau d’enquête et d’analyse), un drone est passé le 19 février 2016 à 5 mètres en dessous de l’aile gauche d’un A320 d’Air France en phase de descente vers l’aéroport Roissy Charles de Gaulle. L’avion se trouvait à 5 500 pieds (1 600 m d’altitude), volant à une vitesse de 220 nœuds (400 km/h). Le SNPPDC (Syndicat national des pilotes professionnels de drones civils) « condamne fermement et sans équivoque le comportement inacceptable de mise en danger de la vie d’autrui par le télépilote du drone ». D’après les témoignages de l’équipage, notamment du commandant de bord, le drone « avait une envergure de 80 à 100 cm » et quatre rotors. Une description qui correspond plus à une machine professionnelle qu’à un drone de loisir, de dimensions en principe plus réduites.

« Il y a une réglementation très stricte sur l’utilisation du drone, l’exercice des pilotes est encadré, la formation va l’être, pour l’instant, ce qui n’est pas encadré c’est la commercialisation », déplore Martine Hallynck, présidente du SNPPDC. Le syndicat plaide ainsi pour une immatriculation des drones, demande que l’achat d’appareils de plus de 2 kg soit réservé aux professionnels et que le propriétaire d’un microdrone soit détenteur d’un brevet. L’installation d’un boîtier doté d’une fonction anti-collision est aussi évoquée. Pour la FPDC (Fédération professionnelle du drone civil), qui regroupe notamment constructeurs et opérateurs, l’incident de Roissy est symptomatique d’une pratique qui doit être d’urgence mieux encadrée. Elle réclame l’interdiction des drones puissants aux amateurs et la limitation des drones de loisirs à moins de 500 g, 50 m d’altitude et 100 m de distance.

Selon la DGAC (Direction générale de l’aviation civile), il y avait, à la fin de 2015, entre 150 000 et 200 000 drones de loisir en France, 98 % de microdrones d’un poids inférieur à 2 kg. La plupart sont équipés de caméras. Le nombre de drones professionnels a été multiplié par dix et est passé de 380 en juin 2013 à 3 087 en juillet 2015. Cela sans compter les drones artisanaux.

Vincent Gobert