Alors que Vespa velutina s’installe dans la plupart des régions, les initiatives se multiplient pour tenter de contrer l’insecte. Parmi les dernières solutions, la société Drone Volt a développé en collaboration avec Etienne Roumailhac, dirigeant de LGF France (Landes Guêpes Frelons), un drone avec système de pulvérisation. Baptisé Spray Hornet, ce drone est équipé d’une bombe aérosol avec jet inclinable. Ce dispositif permet de pulvériser la partie centrale du nid où logent les insectes.

« Le drone a le double avantage de localiser et de pulvériser. Il est complémentaire à la perche pour les nids situés en hauteur et difficiles d’accès pour le drone », précise Etienne Roumailhac. « C’est particulièrement vrai pour les arbres au port développé comme les chênes. Dans ce cas-là, le drone guide la perche avec une grande précision. »

L’appareil de Drone Volt est lui un drone quadricoptère. Equipé d’un parachute, il pèse 3,15 kg à vide (batterie et parachute compris) et possède une capacité d’emport en termes de bombe aérosol jusqu’à 750 ml. Le système comprend un retour vidéo HD avec caméra embarquée. Son autonomie est donnée par le constructeur de 9 à 18 minutes selon le nombre de batteries.

Pulvériser à distance ou injecter un produit

Loin d’être novice dans le domaine, LGF développe les techniques de destruction de frelon asiatique depuis cinq ans. D’autres solutions tirant profit de la croissance du secteur du drone sont régulièrement rapportées. Ainsi une autre société, Vision Scope a développé le drone Joker. Dès qu’il atteint la bonne hauteur, l’appareil injecte à l’aide d’une perche perforante orientable du perméthrine, directement à l’intérieur du nid des frelons. Ce drone fait moins de 4 kg, et il possède deux réservoirs pour l’insecticide. Il est piloté à l’aide d’une télécommande.

De son côté, l’association First à Aignan (32) avait mis au point en 2012, en partenariat avec l’Institut universitaire de technologie de Tarbes encore une autre solution. Toujours grâce à un drone, il faut cette fois s’approcher du nid, le percer et y injecter de l’azote liquide. Les frelons sont instantanément gelés et le nid est détruit.

L’observation des formations de nids commence déjà dans plusieurs régions. S’il est encore trop tôt pour prévoir une intervention, nul doute qu’une stratégie de destruction peut d’ores et déjà être étudiée. En fonction des contextes, la diversification des modes d’action par drone pourra certainement être profitable dans le choix de la meilleure stratégie possible.

Vincent Gobert