Après la tempête, le calme ? Pas tout à fait, du moins en ce qui concerne Delta Drone. À ces dernières années difficiles qui ont vu s’abattre sur l’entreprise un plan social et le départ de ses trois créateurs, la société veut rebondir et lance de nouveaux développements pour les secteurs forestiers, agricoles et industriels.

Et c’est depuis un hélicoptère que Delta Drone compte impulser une partie de son changement de stratégie. Embarquant un capteur d’un genre différent, dit Lidar, la start-up propose de nouveaux services pour la caractérisation des forêts. D’un poids supérieur à 25 kg, le Lidar est un télédétecteur laser. À basse altitude, il est capable de compter les troncs, de discerner les résineux des feuillus, et de donner leur diamètre. Leur position est aussi enregistrée.

Delta Drone est ainsi capable d’estimer un cubage et le potentiel des parcelles forestières. La société peut travailler avec plusieurs opérateurs d’hélicoptères. Les premières missions ont été exécutées grâce à des modèles AS350 dits écureuils, de fabrication Airbus. La Compagnie des Alpes et le conseil général des Hautes-Pyrénées ont déjà fait appel à ce service. Des discussions avancées auraient lieu avec l’ONF. Selon Delta Drone, ce Lidar embarqué sur hélicoptère sera intéressant pour des surfaces de 30 à 10 000 ha.

Diversification

Si Delta Drone opère la majorité de ses services dans nos frontières, la start-up compte inverser la situation d’ici à deux ans. Cela pourra se faire d’une part grâce au Lidar, d’autre part par une nouvelle activité de visite virtuelle. En effet, la prise de vue par drones permet la création de visites immersives. L’usine Mecelec a déjà souscrit à ce service et propose une visite extérieure et intérieure, aérienne et dans les bâtiments. Un smartphone et des lunettes immersives associées permettent de se projeter dans le lieu à visiter.

Le Rhônalpin garde toutefois ses activités premières, à savoir l’inspection industrielle et la fabrication de drones. A ce sujet, Delta Drone construira son prochain appareil professionnel à partir de cet été : le Delta X. Et s’il avait quelque peu délaissé l’activité agricole, il a tout de même entamé une première campagne de survol de centaines d’hectares de parcelles de colza à l’automne 2015. Toutes ces activités auront largement de quoi occuper les 49 salariés de la société qui a réalisé 1,2 million de chiffre d’affaires en 2015. Pas encore bénéficiaire, l’entreprise compte inverser la tendance en 2017.

Vincent Gobert